33% des Français n'ont pas lu en 2013 : "C'est un bon chiffre" !

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33% des Français n'ont pas lu en 2013 : "C'est un bon chiffre" !
@ Reuters
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ESPOIR - Un tiers des Français n’auraient pas ouvert un livre en 2013. Alarmant ? Jean-Yves Mollier, spécialiste du livre, est très optimiste. 

Le livre est-il mort ? Un tiers des Français, soit plus de 33% selon un sondage Ipsos, n’auraient pas ouvert un livre depuis un an. Un chiffre qui ne désespère pas pour autant Jean-Yves Mollier, professeur d’université et spécialiste de l’histoire des livres. Pour lui, les livres ne sont  plus tributaires du papier, et un grand lecteur restera un grand lecteur sur écran. A l’heure de l’ouverture, vendredi, de la 34e édition du Salon du livre à Paris, ce spécialiste reste positif au micro d'Europe 1. Pourquoi ? 

Parce que c'est pire ailleurs. 33% de Français n’ont pas lu en 2013. "C’est un bon chiffre !" affirme Jean-Yves Mollier, qui évoque deux repères : "On vend 450 millions de livres par an, on en emprunte 200 millions, d’une part. D’autre part, 66 millions de Français achètent ou empruntent en moyenne dix livres par an, c’est une situation tout à fait excellente. De plus ajoute-t-il : " 57% des Italiens n’ont pas lu un livre pendant l’année 2013". En bref, c’est pire ailleurs.

Dans le top des ventes, on retrouve "les livres pratiques, qui continuent à bien se vendre, les livres d’actualité, les grands reportages, sans oublier les dictionnaires. Les livres de classe et les ouvrages de médecine ont aussi un vrai public. Certains livres de cuisine sont quasiment des best-sellers. Pour parler de best-seller, les ventes doivent atteindre une dizaine de milliers d’exemplaires. Un chiffre record quand on sait que la moitié des livres sont imprimés à 300 ou 400 exemplaires. Par exemple, un Goncourt une bonne année, c’est 700.000

Parce qu'il n'y a pas que le papier dans la vie. Là encore, pas de panique, explique le spécialiste : "Le livre n’est pas tributaire d’un support. Autrefois on a pu lire sur la pierre, sur des rouleaux de parchemins, sur des cahiers. Demain, et même dès aujourd’hui, nous lisons sur écran." Le numérique est donc, selon  Jean-Yves Mollier, plutôt en train d’aider le livre. "Les jeunes Japonais ne lisaient plus" raconte-t-il, "mais grâce aux mangas qui circulent sur les téléphones portables, ils ont été reconquis." Cette réalité, concède Jean-Yves Mollier "peut effrayer les parents, puisque ce n’est plus la lecture telle qu’on la connaissait". Mais il se veut résolument rassurant : "Ceux qui lisent le plus de livres papier lisent aussi le plus de livres sur écran".


Parce que les libraires peuvent s'en sortir. Les librairies de nos villes ont un avenir, "à condition qu’elles se mettent également aux technologies nouvelles, c'est-à-dire qu’elles proposent un achat à distance aux clients", affirme Jean-Yves Mollier. L’objectif : se positionner elles-aussi sur le marché voire même, concurrencer les grands groupes, comme Amazon. C'est pour les auteurs que la concurrence est particulièrement rude. Le nombre de titres a doublé en 20 ans. On est passé de 43.000 livres édités en 1995, à pratiquement 80.000 titres différents chaque année aujourd’hui. L’offre est donc immense, mais elle a un effet pervers : la durée de vie d’un ouvrage est de plus en plus courte.  Selon Jean-Yves Mollier, les auteurs ont aujourd’hui une pression plus forte puisqu’un premier roman lors de la rentrée littéraire a environ "trois semaines en moyenne" pour convaincre, sans quoi " immédiatement il est mort."

Mais combien d’écrivains en vivent ? Très peu arrivent en réalité à vivre de leur plume. "Une dizaine en France tout au plus en vivent pendant une carrière complète, c'est-à-dire environ 40 ans", affirme le spécialiste. Car la vente du livre rapporte finalement très peu à l’auteur, qui reçoit "10% sur la vente d’un ouvrage." 

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