Musique et Cloud : vers une dématérialisation totale ?

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Musique et Cloud : vers une dématérialisation totale ?
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La musique est en péril affirment tous les acteurs de l’industrie musicale. Le Cloud, via les sites de musique en streaming, pourrait être une des issues favorables.

La musique est en péril affirment tous les acteurs de l’industrie musicale. Labels et artistes font front face au piratage, ce fléau qui rogne les bénéfices d’un secteur encore florissant il y a peu. Le Cloud, via les sites de musique en streaming, pourrait être une des issues favorables. Deezer, Spotify, GrooveShark, plus indirectement SoundCloud ou encore iTunes, et prochainement Google Music ainsi que Amazon Music : autant de solutions qui permettent de profiter de sa musique partout dans le monde, via une simple connexion Internet.

Deezer, la référence française

Deezer

Plus besoin de présenter Deezer : le site français fait figure de référence en matière de streaming audio. Le streaming permet d’écouter un morceau en ligne sans avoir à le télécharger auparavant. Deezer c'est un catalogue de 13 millions de titres, 1,4 million d'abonnés payants, 20 millions d’utilisateurs et un chiffre d'affaire qui triple tous les ans pour atteindre 50 millions d'euros cette année. Des bons résultats en partie liés à son partenariat avec Orange, qui offre un abonnement premium (illimité) dans certains de ses abonnements téléphoniques.

L’offre gratuite de Deezer est limitée à 5 heures d’écoute et ne permet aucune utilisation via le Cloud de son service. Deux offres payantes sont disponibles, mais seule l’offre Premium+ à 9,99 euros par mois offre la possibilité de télécharger les morceaux du site sur un terminal mobile. Pour être tout à fait concret, un utilisateur qui souhaite profiter d’un morceau disponible en streaming sur Deezer peut le transférer sur son smartphone (iPhone, Android, BlackBerry) afin d’en profiter sans connexion Internet. Pratique dans les transports où le réseau n’est pas toujours performant. Deezer devrait prochainement décliner son offre dans plus de 100 pays dans le monde, toujours en partenariat avec des opérateurs télécoms.

Spotify, le challenger

Spotify

Comme Deezer, Spotify bénéficie d’une renommée importante. Lancé par une société suédoise en 2008, il s’agit d’un logiciel qui offre un catalogue de musique en écoute quasi instantanée de morceaux musicaux. Décliné sur smartphone, il est basé sur le même modèle économique que Deezer : une formule gratuite limitée et ponctuée de publicités audio et deux offres payantes. Les prix sont les mêmes que chez le concurrent direct : 4,99 euros par mois pour la version Unlimited sans publicité et 9,99 euros par mois pour une offre sans publicité, qui offre un accès sur mobile ainsi que le mode hors connexion.

Le catalogue de Spotify est annoncé riche de 15 millions de titres avec pas moins de 10 000 titres ajoutés quotidiennement selon le site officiel. Tout comme Deezer, Spotify a passé un partenariat avec un opérateur téléphonique (SFR) et a été lancé aux États-Unis en juillet dernier. Au total, Spotify est disponible dans 6 pays en plus de la France et des USA : Suède, Norvège, Finlande, Royaume-Uni, Espagne et Pays-Bas. Une application Spotify est disponible sur iPhone, BlackBerry, webOS, Symbian et Windows Phone.

GrooveShark, le site aux 35 millions d’utilisateurs

Grooveshark

Relativement peu connu en France, GrooveShark est vraisemblablement le plus global de tous les outils de streaming de cette sélection. Il s’agit d’un site accessible gratuitement, dans le monde entier et au catalogue comportant plusieurs millions (le chiffre exact n’est pas connu) de titres. Lancé en 2007, GrooveShark possède également deux offres payantes. GrooveShark Plus coûte 6$ par mois et exclut les publicités (uniquement des bannières, pas de spot publicitaire) et GrooveShark Anywhere s’allie aux smartphones pour une version sans publicité et sans connexion, le tout pour 9$.

L’ombre majeure au tableau de GrooveShark réside dans son absence d’application dédiée sur l’AppStore et donc pas de compatibilité avec tous les produits Apple. En revanche, Android bénéficie d’une application (accessible uniquement via l’offre Anywhere). Les terminaux BlackBerry, Symbian et webOS possèdent également une application GrooveShark.

SoundCloud, le décalé

Soundcloud

SoundCloud ne se présente pas comme un concurrent de Deezer, Spotify ni GrooveShark. Le site d’origine allemande joue sur deux atouts majeurs : la possibilité de charger ses propres créations sur la plateforme d’une part et de très nombreuses options de partage d’autre part. Ainsi, SoundCloud est l’outil favori, par exemple, des DJ qui veulent proposer leur dernière création, leur dernier « mix ». Disponible sur la plateforme, les morceaux sont consultables en illimités, parfois même téléchargeables gratuitement et de façon tout à fait légale.

Lancé en 2008, SoundCloud ne rencontre, pour le moment, pas un succès comparable aux trois noms cités auparavant. Cependant, avec 3 millions d’utilisateurs enregistrés en août dernier, la plateforme de partage est un réel succès. Une application sur iOS et une autre sur Android permettent non seulement d’écouter ses morceaux favoris, mais également d’enregistrer un son directement depuis son smartphone. Ainsi, lors d’un concert privé par exemple, ou pour enregistrer facilement et rapidement une interview, SoundCloud se révèle particulièrement efficace.

Son utilisation est gratuite, sans publicité, mais il existe plusieurs abonnements payants qui offrent d’augmenter la capacité de stockage dans le Cloud de ses créations. Les prix s’étalent entre 29 euros par an jusqu’à 500 euros par an, pour une capacité de stockage illimitée.

iTunes Match :

iTunes Match

Dans le cadre de son service de stockage dans le Cloud nommé iCloud, Apple a également mis un pied dans le « nuage » musical. Pas d’offre de streaming gratuit, mais bien la possibilité de profiter de ses morceaux partout, tout le temps. Pour cela, deux cas de figure. Le premier concerne tous les morceaux achetés via l’iTunes Store, plateforme d’achat de musique d’Apple. Tous ces titres sont automatiquement sauvegardés dans iCloud. C'est-à-dire que l’utilisateur va pouvoir télécharger autant de fois qu’il le souhaitera et gratuitement chaque achat, sur tous les produits Apple compatibles iCloud : iPhone, iPod Touch, iPad, Mac.

Ce n’est pas tout puisque tous les morceaux intégrés dans la bibliothèque iTunes et reconnus par Apple (c’est-à-dire déjà présent dans la base de données de la marque à la pomme) sont également ajoutés gratuitement au « nuage » de chaque utilisateur. Idem pour les CD ajoutés à iTunes : s’il est reconnu par l’iTunes Store, il pourra être transféré gratuitement et en illimité sur tous les terminaux Apple de l’utilisateur.

Le deuxième cas de figure concerne tous les autres morceaux, ceux qui n’ont pas été achetés via Apple et qui ne sont pas reconnus par la base de données. Moyennant un abonnement de 25 dollars annuels, l’utilisateur va pouvoir les ajouter à son iCloud, toujours en illimité sur le nombre d’appareils qu’il souhaite. Cette offre, nommée iTunes Match, n’est pour le moment annoncée qu’aux États-Unis : son lancement devrait intervenir dans les semaines à venir. Pour l’Europe et le reste du monde, c’est probablement une question de mois : il reste à Apple à trouver un accord pour une licence d’utilisation avec les « majors », grandes maisons de disques qui négocient les droits d’utilisation des artistes.

Amazon Music et Google Music

Amazon

Comme Apple, Google et Amazon, deux autres géants du Web, s’apprêtent à lancer leur offre de plateforme musicale pour acheter, télécharger et écouter de la musique via le Cloud. Google Music est déjà en phase de test (bêta) aux États-Unis, mais la boutique de musique en ligne n’est pas encore disponible. Une application dédiée est proposée sur l’Android Market, gratuitement. Aucun prix n’est pour le moment connu en ce qui concerne l’offre Google.

Amazon, qui a déjà ouvert l’offensive de la musique en ligne contre Apple en 2009 en ouvrant sa boutique en ligne, annonçait en mars dernier son Amazon Cloud Player. Il s’agit d’un espace de stockage dans le Cloud ouvert à tous les acheteurs de l’Amazon Music Store. Chaque morceau acheté via la boutique en ligne du marchand peut être transféré en un seul clic dans ce disque dur virtuel. Cela a cependant un prix. 5 Go de stockage sont offerts, au-delà, il faudra dépenser de 20$ par an (pour 20 Go) à 1 000 $ annuels (pour 1 To) soit plus simplement un coût de stockage de 1 $ par 1 Go stocké. Et pour lire ces fichiers dans le Cloud Amazon, une application Android est disponible gratuitement.

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