Y a-t-il assez de pilotes dans les avions ?

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Y a-t-il assez de pilotes dans les avions ?
On pourrait avoir besoin de 500.000 pilotes supplémentaires d'ici à 2032.@ Reuters
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BOOM AÉRIEN - L’explosion du trafic provoque une pénurie record de pilotes. Et force parfois les formations à expédier l’apprentissage des techniques de vol.

Eldorado des airs. 13.000 avions supplémentaires nécessaires, +35% du trafic des passagers, l’Asie est incontestablement le marché le plus dynamique pour les compagnies aériennes. Sauf que, rapporte le site de CNN, les firmes se trouvent confrontées à un problème majeur : une pénurie de main-d’œuvre sans précédent, qui touche d’ailleurs la totalité de la planète. Interrogé par le média américain, Bony Sharma, vice-président du groupe Milcom Aerospatial basé à Singapour, explique que les entreprises ont  "tout investi dans les avions. Maintenant, nous manquons de moyens pour entraîner les pilotes, mais aussi pour former les ingénieurs, bref tout ce qui est nécessaire pour que les avions soient opérationnels et les vols plus sûrs."

Pénurie dans les pays émergents. Au Vietnam par exemple, comme dans d’autres pays où la formation dans ces métiers n’est pas très poussée,  "les compagnies sont très dépendantes des pilotes internationaux" indique Bony Sharma. Des perspectives inquiétantes que confirme une étude lancée par Boeing sur les vingt prochaines années : sur l’ensemble du globe, il pourrait manquer 500.000 pilotes d’ici à 2032. Boeing, dont les ventes pourraient chuter si les compagnies ne parvenaient pas à trouver de pilotes pour mener leurs nouveaux appareils, est très investi dans ce travail de formation. La compagnie américaine a ouvert des écoles de pilotage à Singapour, en Corée du Sud, en Australie, au Japon et en Chine.

Former un pilote en 18 mois. Son principal adversaire Airbus n’est pas en reste et vient également d’ouvrir une école à Pékin. Les éducateurs présents dans ces nouveaux centres de formation assurent pouvoir faire d’un étudiant un pilote aguerri en l’espace de 18 mois. Une promesse qui inquiète et qui pose la question majeure que cette pénurie de pilote soulève : va-t-on sacrifier la sécurité des passagers sur l’autel de la recherche du profit ?