Xi Jinping, futur maître du monde

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Xi Jinping, futur maître du monde
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PORTRAIT - Le vice-président chinois devrait succéder à Hu Jintao à la tête de la Chine.

Est-ce en vice-président ou en futur chef de l'Etat que Xi Jinping entame mardi une semaine de visite officielle aux Etats-Unis ? La question est posée tant le numéro 2 du Parti fait figure de favori pour succéder à Hu Jintao en octobre.

Le parcours de Xi Jinping était tout tracé. Il est le fils d'un héros révolutionnaire qui a combattu avec Mao. Son père, Xi Zhongxun, fut l'un des fondateurs de la guérilla communiste dans le nord de la Chine, victime d'une purge politique dans les années 60 après avoir été catalogué "contre-révolutionnaire" puis réhabilité au début des années 80.

Âgé aujourd'hui de 58 ans, cet homme massif au visage poupin et aux cheveux de jais partagés par une raie impeccable est marié à une célèbre chanteuse chinoise. Ils ont une fille qui étudierait aux Etats-Unis.

Il reste une énigme

Descendant des premiers révolutionnaires connus comme les "fils de princes", Xi Jinping a habilement mené sa carrière pour arriver aux portes du pouvoir, en évitant les embûches et profitant des jeux d'alliances pour conserver des postes stratégiques.

Considéré par beaucoup comme peu charismatique, Xi Jinping reste une énigme. On le dit favorable à l'économie de marché. Son pedigree, et son expérience des affaires militaires, auraient favorisé un compromis sur son nom entre Hu Jintao et son prédécesseur Jiang Zemin.

Il a étudié au même endroit que Hu Jintao

Devenu membre du PCC à 21 ans après des études dans la même université que Hu Jintao, Xi Jinping va suivre une carrière classique de cadre "fils de prince". Il fait ses armes, avec succès, dans plusieurs provinces chinoises telles que Shaanxi, Hebei, Zhejiang et Fuijan.

Dans cette dernière située en face de Taïwan, où il est gouverneur entre 2000 et 2002, il est l'un des rares dirigeants locaux à ne pas être éclaboussé par un vaste scandale de corruption.

Ascension fulgurante

Alors qu'il occupe le poste de numéro un du Parti dans la province industrielle du Zhejiang, il est appelé à la rescousse en 2007 par Hu Jintao pour faire le ménage dans la métropole voisine de Shanghai.

En interne, son ascension est aussi fulgurante. En octobre 2007, à l'issue du 17e congrès du Parti communiste chinois (PCC), il a fait son entrée au Comité permanent du Bureau politique du Parti communiste chinois (PCC).

Quelle politique appliquera-t-il ?

Au sein de ce "coeur du pouvoir", où il est d'abord le numéro six parmi neuf membres, il continue de progresser. Désigné en mars 2008 vice-président chinois, il est ensuite nommé en octobre 2010 vice-président de la Commission militaire centrale, autre poste crucial venant confirmer son destin de dauphin de Hu Jintao.

Des sinologues pensent qu'il est un conservateur qui ne changera pas le cap actuel, surtout dans un pays où les grandes décisions sont prises collégialement par les membres du Comité permanent du Bureau politique. Mais d'autres analystes admettent disposer, en fait, de peu d'indications sur la manière dont il règnera sur le pays le plus peuplé du monde.