Wikipedia se rebiffe en Russie

Pendant une journée, la page russe de Wikipedia a affiché un message mettant en garde contre la loi sur Internet examinée par la Douma.
Pendant une journée, la page russe de Wikipedia a affiché un message mettant en garde contre la loi sur Internet examinée par la Douma. © WIKIPEDIA
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avec AFP
Le site a fermé pendant une journée pour protester contre une loi sur Internet.

En Russie, Wikipedia a décidé de s’inviter dans le débat politique. Le site russe de l’encyclopédie en ligne a fermé pendant une journée mardi pour protester contre une loi sur Internet actuellement examinée par la Douma, la chambre basse du Parlement. Wikipedia craint que des amendements à ce texte puissent rendre possible une censure du web.

Toute la journée, les internautes se rendant sur le site Ru.wikipedia.org n’ont donc pu voir qu’une barre noire sur le nom du site, et la mention suivante : "représentez-vous un monde sans connaissances libres". Wikipedia explique que les députés russes vont examiner mercredi des amendements qui risquent de "conduire à la création d’une censure extrajudiciaire de tout l’Internet en Russie".

"Grande muraille" comme en Chine

La loi en discussion a pour objet la création d’une liste noire de sites Internet présentant des contenus pornographiques, des publicités pour de la drogues, des incitations ou suicide ou des idées "extrémistes", selon l’agence de presse russe Ria Novosti.

Mais les détracteurs du texte craignent que la Russie ne finisse par créer sa propre "Grande muraille Internet", comme en Chine, explique le New York Times. Or, les médias traditionnels étant pour la plupart sous la coupe du régime, Internet est devenu l’un des principaux vecteurs de diffusion de la voix de l’opposition russe.

Un ministre est contre

D’autres sites se sont associés à la protestation de Wikipedia, comme le moteur de recherche Yandex, Live Journal, la première plateforme de blogs du pays, ainsi que le réseau social VKontakte. Même le nouveau ministre des Communications, Nikolaï Niforov, a critiqué le texte sur son compte Twitter, assurant toutefois qu’il ne "souten[ait] pas la décision de Wiki[pedia] de fermer". "Mais cette mesure est une réaction importante de la société, un signe montrant que nous ne devons pas amender".

Pour le New York Times, cette polémique rappelle celle qui a éclaté aux Etats-Unis au début de l’année, quand deux projets de loi sur le piratage, Sopa et Pipa, ont provoqué une levée de boucliers sur le web. Plusieurs géants du net dont Wikipedia et Firefox, avaient lancé un black-out. Et réussi à faire plier le Congrès de Washington. Reste à savoir si le web russe réussira à faire de même avec les députés de la Douma.