WikiLeaks : les critiques fusent

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WikiLeaks : les critiques fusent
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Les fuites sur la guerre en Afghanistan mettraient en danger des Afghans selon les USA et Kaboul.

"Le bon journalisme est controversé par nature", estime Julian Assange. Le fondateur du site WikiLeaks qui a mis en ligne six ans de rapports confidentiels sur la guerre en Afghanistan a en effet suscité la controverse. Cette fuite représente l'une des plus importantes failles jamais constatées dans la sécurité des données militaires américaines. Les Etats-Unis et l’Afghanistan affirment qu'elle mettait en danger la vie d'informateurs afghans et menaçait de saper le travail de renseignement dans ce pays.

Le Pentagone enquête

Le département de la Défense américain a lancé une enquête afin d'identifier l'origine des fuites. Des responsables de la défense ont indiqué que la personne à l'origine de la diffusion des quelque 91.000 documents confidentiels semblait bénéficier d'un accès de niveau "secret", et que d'autres fuites restaient possibles.

Le Pentagone a indiqué que l'examen des documents rendus publics par WikiLeaks pourrait prendre "des jours, si ce n'est des semaines", et qu'il était encore trop tôt pour mesurer les dommages subis par la sécurité nationale. Il a refusé de citer les noms de suspects, mais n'a pas écarté une possible implication d'un soldat déjà inculpé pour avoir transmis à WikiLeaks des informations sur la guerre en Irak. Le Pentagone

"Irresponsable" juge Karzaï

Le président afghan Hamid Karzaï a fermement condamné jeudi la publication par le site Wikileaks de noms d'informateurs afghans aidant les forces internationales à combattre les rebelles, estimant "choquant" et "irresponsable" de mettre ainsi leur vie en danger.

Le quotidien britannique Times a rapporté mercredi que deux heures d'examen attentif d'une partie des 92.000 documents dévoilés par Wikileaks lui avaient suffi pour y repérer les noms de dizaines d'Afghans supposés avoir fourni des renseignements à l'armée américaine.

Les USA n’ont pas répondu à WikiLeaks

Julian Assange s'est défendu en affirmant au Times avoir demandé à la Maison-Blanche la semaine dernière de l'aider à "minimiser les chances que les noms d'informateurs soient divulgués" et n'avoir reçu aucune réponse. "Nous étions préparés à une réaction de ce genre. Il fallait s'attendre à ce qu'ils veuillent détourner l'attention du public de leurs responsabilités sur ce sujet", a expliqué l’Australien au journal espagnol El Pais. Il a précisé que l'information diffusée dimanche "vient de l'intérieur du Pakistan et de l'Afghanistan".

Le site internet d'information Wikileaks, fondé en 2006 et spécialisé dans le renseignement, a diffusé dimanche près de 92.000 archives secrètes jetant une lumière crue sur la guerre en Afghanistan, avec des révélations notamment sur les victimes civiles et sur les liens supposés entre le Pakistan et les insurgés.

En mai dernier, Julian Assange s'était vu brièvement confisquer son passeport par les autorités australiennes et ses avocats lui ont recommandé en juin de ne pas se rendre aux Etats-Unis.