Wikileaks : Assange a choisi Garzon

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Wikileaks : Assange a choisi Garzon
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Le magistrat espagnol, classé à gauche, fait figure de "poil à gratter" dans le milieu judiciaire.

Une star pour défendre une autre star médiatique. Le célèbre juge espagnol, Baltasar Garzon va diriger l'équipe de défense de WikiLeaks et de son fondateur Julian Assange, a annoncé mardi le site Internet.

Connu pour ses prises de positions politiques, le juge espagnol est celui qui colle le mieux à cet épineux dossier. Un leitmotiv uni les deux hommes : lutter contre les "puissants".

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Assange, le cyberactiviste face aux puissants. Réfugié depuis le 19 juin à l'ambassade d'Equateur, à Londres, afin d'échapper à son extradition en Suède pour une affaire de viol présumé, Julian Assange, qui clame son innocence, a réclamé l'asile politique au pays latino-américain.

Le fondateur australien de WikiLeaks redoute d'être transféré dans un second temps aux Etats-Unis et d'y être condamné à la peine capitale pour espionnage, après la divulgation par son site de 250.000 télégrammes diplomatiques américains.

Julian Assange réclame des garanties en cas d'extradition. "Si les Etats-Unis pouvaient garantir l'abandon de l'enquête devant le Grand jury et de toute autre enquête sur les activités de WikiLeaks, ce serait une garantie importante. Les engagements diplomatiques ont un poids certain", a affirmé au mois de juin dernier, Julian Assange au Sydney Morning Herald.

La stratégie judiciaire commune. Une réunion privée a récemment eu lieu entre les deux hommes à l'ambassade d'Equateur à Londres, selon El Pais. Ils ont défini ensemble une nouvelle stratégie de défense. Dans les grandes lignes, elle vise à "défendre à la fois Wikileaks et Julian Assange contre les abus de procédure existants et exposer les actions arbitraires, extrajudiciaires du système financier international" contre le site et son fondateur, selon la même source.

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Le magistrat espagnol va également s'employer à "montrer comment des procédures secrètes américaines contre Julian Assange et Wikileaks ont compromis et contaminé d'autres procédures légales, dont la procédure d'extradition contre M. Assange", ajoute le texte.

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Garzon, le juge révolutionnaire. Selon El Pais qui a obtenu l'information de la bouche de Julian Assange, le choix de Baltasar Garzon a été dicté par le fait qu'il a "révolutionné, depuis deux décennies, la justice internationale", précise le quotidien espagnol. Critiqué par ses détracteurs qui l'accusent de rechercher la notoriété, Baltasar Garzon est un haut magistrat espagnol réputé pour avoir épinglé de nombreux dirigeants. Classé à gauche, il avait dans les années 90 entamé une carrière politique au sein du PSOE, le parti socialiste espagnol et avait enquêté sur l'organisation terroriste ETA.

L'homme, connu pour ses prises de positions sur les droits de l'Homme, est surtout célèbre pour avoir fait arrêter l'ex-dictateur chilien Augusto Pinochet en 1998 au terme d'une intense bataille judiciaire. Plus tard, il tenta également d'épingler l'ex-secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger pour ses relations avec plusieurs dictateurs d'Amérique du Sud dans les années 70.

L'ex-juge d'instruction s'était également "illustré" en demandant une enquête sur Silvio Berlusconi pour une fraude fiscale de l'ordre de 108 millions entre 1990 et 1993 alors qu'il était vice-président de la société Gestevision Telecinco.

Garzon l'avocat face aux puissants. Ce nouveau dossier sur la table de l'avocat Garzon met fin à une traversée du désert de plusieurs mois. En février dernier, il a été condamné par la Cour suprême à onze ans d'interdiction d'exercer son métier de juge après avoir ordonné des écoutes, en violation des droits de la défense, dans une enquête sur un réseau de corruption qui avait éclaboussé en 2009 la droite espagnole.

Selon El Pais, Baltasar Garzon, qui officie aujourd'hui comme simple avocat, vient de créer son propre cabinet dans un quartier madrilène. Avec ce nouveau dossier "Wikileaks" qui implique les "grands" de ce monde, le juge retrouve un dossier à la hauteur de ses ambitions.