WikiLeaks à court d'argent

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WikiLeaks à court d'argent
WikiLeaks, bête noire de Washington, est à cours d'argent.@ MAXPPP
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La bête noire de Washington est contrainte de suspendre la divulgation de documents secrets.

La Maison-Blanche va pouvoir souffler. Le site WikiLeaks, qui a notamment diffusé des câbles diplomatiques américains, a dû suspendre ses activités lundi. En cause : le manque d'argent, Washington ayant mené un "blocus" financier à l'encontre du site, selon son fondateur Julian Assange.

Depuis décembre 2010, Bank of America, Visa, Mastercard, Paypal et Western Union ont en effet imposé un "blocus financier arbitraire et illégal" au site. De quoi détruire "95%" des revenus de WikiLeaks. Le site a donc été privé de "dizaines de millions de dollars", avec des dons ayant plongé de "plus de 100.000 dollars par mois" à "6.000 ou 7.000 dollars".

Des dérives qui ont terni l'image du site

Fait troublant, ces blocages sont entrés en vigueur "dans les dix jours" ayant suivi la publication des documents secrets américains. Auparavant, WikiLeaks avait déjà fait la Une de l'actualité en montrant une "bavure" de l'armée américaine filmée à Bagdad. La publication de rapports de l'armée sur les guerres en Afghanistan et en Irak avait profondément irrité Washington. Mais c'est surtout la publication, fin novembre 2010, de milliers de télégrammes diplomatiques américains qui a provoqué la colère des Etats-Unis.

Ces révélations ont un temps fait de WikiLeaks le héraut de la liberté d'expression. Le site s'est cependant récemment illustré par des dérives qui ont terni son image. Début septembre, il a ainsi publié l'intégralité des 251.287 câbles diplomatiques en sa possession, sans retirer les noms de personnes pouvant être inquiétées.

Julian Assange poursuivi

Le site a lancé lundi une "collecte active de fonds" pour pouvoir continuer à exister. Une plainte a été déposée en juillet auprès de la Commission européenne pour violations des règles de la concurrence. De nouveaux moyens de faire des dons vont en outre être mis en place, comme le paiement par SMS et l'envoi de chèques ou d'argent liquide par courrier, précise le Washington Post.

Mais même si WikiLeaks parvient à se remettre à flots, une autre menace pèse sur le site. Son fondateur, l'Australien Julian Assange, est poursuivi par la justice suédoise dans le cadre d'une affaire de viol et agression sexuelle présumée. Assigné à résidence en Grande-Bretagne, il attend prochainement une décision en appel sur une éventuelle extradition.