Venise : des pots-de-vin dans la lagune

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Venise : des pots-de-vin dans la lagune
Un vaste scandale de corruption a éclaté à Venise.@ REUTERS
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SCANDALE A LA VÉNITIENNE - Des élus locaux de tous bords sont accusés de corruption dans une affaire liée à un immense chantier à Venise.

Venise, ses palais, ses ponts, sa lagune et… ses pots-de-vin. Depuis mercredi, la "Sérénissime" est ébranlée par un vaste scandale politico-financier qui touche toute la classe politique. A l’aube, 25 personnes ont été arrêtées dans plusieurs régions et dix autres ont été placées sous contrôles judiciaire, dont l’actuel maire de la ville, Giorgio Orsoni. Au cœur de l’affaire, un immense chantier, baptisé "Moïse", destiné à mieux protéger Venise des marées et des inondations.

78 digues flottantes géantes. Ce projet consiste à installer au total 78 digues flottantes géantes dans la lagune de Venise, régulièrement menacée par la montée des eaux. Au fil des années, la cité, de plus en plus vulnérable, s’est par ailleurs enfoncée de 23 centimètres. C’est pourquoi le projet "Moïse" a été lancé. La première pierre du chantier, qui doit être terminé en 2016, a été posée, par Giancarlo Galan, alors gouverneur de Vénétie. Montant de la facture initiale : 2,3 milliards d’euros. 

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© Capture d'écran

Mais ce budget a explosé, atteignant les 5,6 milliards d’euros, indique Le Monde. Et pas seulement pour des raisons légales : la manne financière a en effet suscité la convoitise dans la région, y compris au plus haut niveau. Au départ, l’enquête débutée il y a trois ans visait principalement l’entreprise chargée de construire les immenses digues mobiles. Mais les enquêteurs se sont ensuite tournés vers les élus locaux de la région.

Un maire de gauche, un gouverneur de droite. Ce qu’ils ont découvert éclabousse autant la gauche que la droite. Parmi les personnes interpellées mercredi, Giorgio Orsoni, maire de Venise, issu du Parti démocrate. L’élu, qui a été placé sous contrôle judiciaire, aurait prélevé pas moins de 400.000 euros sur le budget du projet pour financer sa propre campagne en 2010. 



Egalement mis en cause, Giancarlo Galan, qui, outre ses fonctions de gouverneur de Vénétie, a aussi été ministre de Silvio Berlusconi. Aujourd’hui député du parti de droite Forza Italia, il est protégé par son mandat, mais le parquet de Venise a requis son interpellation. L’homme aurait profité des entreprises payées par le projet Moïse pour faire faire des travaux chez lui. Les entreprises lui auraient aussi versé de l’argent, écrit Le Monde. Au total, la fraude atteindrait les 20 millions d’euros, versés sur des comptes à l’étranger. La Guardia di Finanza a aussi saisi la somme de 40 millions d’euros. 

Un autre scandale à Milan. Ce nouveau scandale est d’autant plus embarrassant pour l’Italie qu’il éclate quelques semaines à peine après celui du chantier de l’Expo-2015 à Milan. Dans cette affaire aussi, plusieurs responsables politiques, de gauche comme de droite, ont été arrêtés, accusés de corruption et d’avoir faussé les appels d’offres. 

Evidemment, il n’en fallait pas plus pour nourrir le discours du Mouvement 5 Etoiles (M5S) de l’ex-humoriste Beppe Grillo, qui ne cesse de dénoncer la corruption de la classe politique italienne. Luigi di Maio, l’un des députés du M5S, s’est ainsi insurgé via sa page Facebook en demandant : "que devront encore faire ces partis pour ne plus mériter le vote des citoyens italiens ?".

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