Venezuela : une boîte de nuit en prison

  • A
  • A
Venezuela : une boîte de nuit en prison
@ REUTERS
Partagez sur :

Les gangs ont pris le contrôle de prisons. Ils y organisent des fêtes pour les prisonniers.

Ils ont dansé jusqu’au bout de la nuit. Les détenus de la prison de San Antonio, sur l’île de Margarita, au Venezuela,  ont inauguré, jeudi dernier, leur toute nouvelle discothèque : le "Yate club". L'occasion pour chacun avait envoyé ses invitations via les réseaux sociaux, rapporte le quotidien vénézuélien El Universal.

Strip-teaseuse et boule à facettes

La salle, qui peut accueillir environ 600 personnes, est équipée d’ "un système de son professionnel, d’un jeu de lumières spectaculaire, de la climatisation", précise le message diffusé par les prisonniers sur le web.  L’invitation précise la présence de strip-teaseuses, de trois DJ et la gratuité de l’entrée... car les proches - famille et amis (de gang) -  ont pu entrer dans l’enceinte de la prison pour faire la fête.

Les boîtes de nuit sont évidemment interdites dans les prisons au Venezuela, mais les centres pénitentiaires sont quasiment tous contrôlés par les gangs, lourdement armés, qui imposent leur loi et leurs règles, dans la violence.

03.04-prison-venezuela

Quand les gangs chassent les matons

Ce reportage, ci-dessous, en anglais et sous-titré en espagnol, montre le quotidien des prisonniers vénézuéliens. Depuis cinq ans, "Leo" contrôle ce centre carcéral vénézuélien. "Aujourd’hui il n’y a plus aucune présence physique des autorités dans la prison", explique-t-il au journaliste qui l’interroge. La garde civile surveille, seulement, la prison mais de l’extérieur pour veiller à ce que personne ne s’évade.

Et le cas de la prison de San Antonio n’est pas le plus surprenant. Certains centres pénitentiaires du Venezuela ressemblent presque à des lieux de villégiature. Piscine, piste de motocross ou encore cyber café : tous les services ou presque sont accessibles au prisonniers. Ces derniers payent un impôt au leader du gang qui dirige le centre et assurent ainsi leur sécurité.  En 2011, plus de 590 détenus ont été tués dans l’enceinte des centres pénitentiaires du pays.