Urgence humanitaire en Syrie

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Urgence humanitaire en Syrie
Des réfugiés syriens dans un camp à la frontière turco-syrienne.@ REUTERS
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Le CICR demande l'accès immédiat aux personnes blessées ou détenues en Syrie.

En Syrie, l'urgence diplomatique laisse place à l'urgence humanitaire. Alors que la France tente depuis deux semaines de pousser une résolution de l'ONU pour condamner la répression, la Croix-Rouge tire la sonnette d'alarme.

L'urgence se situe à la fois en Syrie et en Turquie. A la frontière turque, on compte maintenant 7.000 réfugiés, accueillis sous deux villages de tentes, et les réfugiés continuent d'affluer. Côté syrien, 10.000 personnes sont massées au nord du pays, cherchant à fuir les bombardements et les rafles. Et ces chiffres, impressionnants, ne prennent pas en compte les blessés terrés chez eux dans les villes assiégées par l'armée. A Jisr al-Choughour , dans le nord-ouest du pays, personne n'a accès aux soins.

"Inquiets sur le sort de milliers de personnes"

"Nous sommes aujourd'hui très inquiets sur le sort de milliers de personnes, qui sont dans leur maison et incapables de sortir, et qui ont besoin d'aide tout de suite, ainsi que par des milliers d'autres qui sont détenues ou arrêtées", a déclaré Hicham Hassan, porte-parole du CICR, au micro d'Europe 1.

L'armée syrienne mène des opérations de ratissage au nord-est et dans l'ouest du pays depuis plusieurs jours. La ville de Jisr al-Choughour a été le théâtre de violents affrontements la semaine dernière, avec en particulier la mort de 120 policiers le 6 juin. Depuis le 15 mars, plus de 1.200 opposants sont morts et 10.000 autres ont été arrêtés en Syrie, selon des ONG.

"Un accès aux soins inconditionnel"

"Aujourd'hui on répète notre appel pour pouvoir accéder à toutes ces personnes. L'accès aux soins de santé d'urgence et à toute aide humanitaire devait être inconditionnel et fait tout de suite", a martelé le porte-parole du CICR.

Sans succès, la France a appelé la Syrie à ouvrir ses portes aux agences humanitaires. Pour l'instant la Croix-Rouge a préféré jouer la carte du gouvernement syrien et attend une autorisation en bonne et due forme pour pouvoir intervenir dans le pays.