Uranium, sanctions… ce que contient le dossier du nucléaire iranien

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Uranium, sanctions… ce que contient le dossier du nucléaire iranien
@ EMMANUEL DUNAND / AFP
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NUCLÉAIRE - Les négociations commencées lundi entre l'Iran et le groupe "5+1" vont devoir franchir de nombreux obstacles.

Le coup de départ a été donné lundi à Lausanne en Suisse et le gong de fin sonnera le 31 mars. Entre les deux, les négociations sur le nucléaire entre l'Iran et le groupe dit des "5+1" composé des États-Unis, de la Russie, de la Chine, de la France, du Royaume-Uni et de l'Allemagne qui pourraient aboutir sur un accord. L'Iran se verrait limitée dans sa capacité à enrichir de l'uranium et en échange verrait les sanctions qui la visent levées. Europe 1 fait le point sur ce que contient ce fameux "dossier du nucléaire iranien".

Combien de centrifugeuses ? C'est le point central des négociations puisque les centrifugeuses permettent d'enrichir l'uranium et donc, de fabriquer au besoin une arme nucléaire. Alors qu'au début des années 2000, l'Iran ne possédait que 160 centrifugeuses, il en dispose désormais de 20.000. Un chiffre qui ne convient pas aux "5+1" car un tel attirail peut permettre à l'Iran de disposer d'une bombe en trois mois seulement. 

Point positif, les Iraniens "ont accepté du principe qu'il faut limiter le nombre de centrifugeuses", explique Alexandre Adler sur Europe 1. Et "la seule discussion est devenu une sorte de marchandage pour savoir où est la limite", ajoute-t-il. 

La proposition actuellement débattu tournerait autour de 6.500 centrifugeuses, un dispositif jugé plus sûr par les "5+1" car il rallonge le délai de fabrication d'une arme à un an. Assez selon les services de renseignements pour anticiper une éventuelle menace. 

Que faire des sites d'enrichissement ? Dans ce chapitre, on trouve un des points "qui ont été acté", souligne Alexandre Adler. "La fermeture de l'usine de Fordow où était produit du plutonium, qui est le moyen le plus direct de fabriquer une bombe". Les Iraniens proposeraient de transformer ce site en centre de recherche médical.

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© HAMID FOROUTAN / ISNA / AFP

Pour les autres sites, les négociations seront plus épineuses. Les "5+1" souhaite que les Iraniens abandonnent la construction, à Arak, d'un réacteur de recherche entamée en 2004. Les Iraniens refusent et avancent qu'ils ont déjà opéré des modifications afin de limiter la quantité de plutonium qui y sera produite à l'avenir. Le site d'enrichissement de Natanz pourrait lui continuer à fonctionner, mais reste à définir dans quel cadre précis. 

Quand lever les sanctions ? Autour de la table de négociations, tout le monde s'accorde sur une levée future des sanctions. Toute la question est de savoir comment. Si l'Iran demande leur levée rapide et totale, les "5+1" préfèrent les retirer au compte-goutte au fur et à mesure que Téhéran appliquera les termes de l'accord. Les Nations-Unies imposent des sanctions à l'Iran depuis 2006. L'Union européenne ainsi que les Etats-Unis ont imposé leurs propres sanctions, allégées d'ailleurs en 2014 afin de détendre l'atmosphère avec l'Iran.

Le Congrès américain, poil à gratter du dossier. Si la levée des sanctions de l'ONU dépend de son Conseil de Sécurité où siège le groupe des "5+1" moins l'Allemagne, celles décidées par les Etats-Unis dépendent d'un vote du Congrès à Washington. Mais les républicains, qui y sont majoritaires, sont hostiles à toute idée d'accord avec l'Iran. Ils l'ont même fait savoir en envoyant, le 9 mars une lettre directement à Téhéran où ils expliquent que l'accord, s'il était conclu, ne serait pas nécessairement respecté. 

De quoi donner des sueurs froides à John Kerry et fourbir les armes des Iraniens. "Cette lettre renforce la position des Iraniens dans la négociation", explique au journal La Croix. Ali Vaez, spécialiste de l'Iran à l'International Crisis Group. "En cas d'échec, il sera plus facile à l'Iran d'en faire porter la responsabilité aux Etats-Unis", ajoute-t-il. L'attitude du Congrès américain permettrait aussi aux Iraniens d'être intransigeant sur la levée des sanctions de l'ONU puisqu'ils ne seront pas assurés d'obtenir la fin des sanctions provenant d Washington. 
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