Une libération très médiatique

  • A
  • A
Une libération très médiatique
Partagez sur :

Mehmet Ali Agca, auteur de l'attentat manqué contre Jean Paul II, est sorti de prison.

Emprisonné durant trois décennies, dont la dernière en Turquie à Ankara pour avoir tenté d’assassiner Jean Paul II en 1981, Mehmet Ali Agca est sorti de prison lundi matin. "La procédure de libération a été achevée", a déclaré son avocat Yilmaz Abosoglu à l'extérieur de la prison de haute sécurité, située à environ 60 km de la capitale turque, et protégée par d'importantes forces de gendarmerie. L'avocat a ajouté que Mehmet Ali Agca sera immédiatement emmené à un poste d'enrôlement de l'armée, car il n'a jamais effectué son service militaire.

Mehmet Ali Agca n’a pas pour autant fini de faire parler de lui. Aujourd’hui âgé de 52 ans, il a préparé la mise en scène de sa libération. Il a aussi promis de faire de nombreuses révélations sur les raisons de son acte. Il tiendra dès mercredi une conférence de presse. Son avocat a d'ores et déjà précisé que son client avait reçu du monde entier plus de 50 offres pour des livres, films et documentaires.

L'homme reste un illuminé. Dans un communiqué, Mehmet Ali Agca a proclamé "la fin du monde" dans un communiqué diffusé lundi. Le monde entier va être détruit au cours de ce siècle. Tous les êtres humains vont mourir durant ce siècle", écrit-il. "La bible est pleine d'erreurs. Je vais écrire la bible parfaite", poursuit-il, utilisant pour signature : "Le Christ éternel, Mehmet Ali Agca".

Il a aussi affirmé avoir proposé à Dan Brown une suite au livre Da Vinci Code et pourrait apparaître à la télévision, comme l’explique Guillaume Perrier depuis Istanbul pour Europe 1 :


Mehmet Ali Agca veut aussi se rendre au Vatican pour se recueillir sur la tombe de Jean Paul II, décédé en 2005, et rencontrer le pape Benoît XVI. Il espère bien s’y faire baptiser, comme l’explique Marie Guibal depuis Rome pour Europe 1 :


L'ancien militant d'extrême droite a aussi été reconnu coupable du meurtre en 1979 d'un journaliste turc renommé, Abdi Ipekçi, et de deux braquages commis dans les années 1970, avant qu'il ne tente d'assassiner Jean Paul II le 13 mai 1981 sur la place Saint-Pierre de Rome, le blessant grièvement à l'abdomen. Le pape polonais avait ensuite pardonné à son agresseur et l'Italie l'avait extradé en Turquie en 2000, à la suite d'une grâce présidentielle.