Une journée de heurts au Caire

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Une journée de heurts au Caire
@ REUTERS
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Revivez les événements mercredi en Egypte. Une journée marquée par de graves violences.

Tout au long de la journée de mercredi, sur et autour de la place Tahrir, au Caire, en Egypte, pro et anti-Moubarak se sont affrontés, à coups de cocktails Molotov et de pierres. Une situation extrêmement confuse avec des policiers en civils et des mercenaires payés à la journée qui se sont glissés dans les rangs des manifestants. Le bilan officiel fait état de trois morts et de plus de 639 blessés. Plusieurs pays ont appelé le président égyptien Hosni Moubarak à démissionner.

Avec Europe1.fr vous avez suivi cette journée, minute par minute. Revivez-la :

23h05 : Trois journalistes de France 24 ont été interpellés mercredi en fin de journée au Caire, indique la chaîne. Ils sont détenus par les renseignements militaires.

22h44 : Selon un nouveau bilan annoncé par le ministre de la Santé sur la télévision publique, trois personnes sont mortes et 639 autres blessées dans les affrontements mercredi place Tahrir.

22h33 : L'appel à manifester vendredi contre Hosni Moubarak est maintenu, d'après France 24.

22h27 : L'armée lance des appels au calme au mégaphone place Tahrir, rapporte France 24. Les militaires égyptiens démentent par ailleurs avoir tiré en l'air sur cette même place du Caire mercredi. Mais la situation sur le terrain est extrêmement confuse avec des policiers en civils et des mercenaires payés à la journée qui se sont glissés dans les rangs des manifestants, raconte l'envoyé spécial d'Europe 1 François Clauss.

22h23 : Le sénateur américain John McCain appelle Hosni Moubarak à démissionner, peu après avoir été reçu par Barack Obama à la Maison Blanche.

22h19 : Le groupe de hackers Anonymous a dit à la BBC être en train d'attaquer les sites gouvernementaux égyptiens, notamment ceux du ministère de l'Information et du parti au pouvoir.

22h14 : Selon France 24, des journalistes de Radio Canada ont été violemment pris à partie par des manifestants au Caire. L'un d'eux, Jean-François Lépine, raconte la scène : "Quelqu'un dans la foule a donné un coup de poing en plein visage au caméraman Sylvain Castonguay. Et là, il y a eu comme une hystérie collective et, honnêtement, on en a vu, Sylvain et moi, des situations périlleuses, mais là ça a été terrible, incontrôlable."

22h06 : Hillary Clinton, chef de la diplomatie américaine, a réclamé au vice-président égyptien Omar Souleimane une enquête sur les violences survenues dans les manifestations mercredi au Caire, a indiqué le porte-parole du département d'Etat.

22h03 : Au moins cinq coups de feu ont été entendus place Tahrir par un journaliste de l'AFP, qui a vu un jeune homme atteint d'une balle dans la poitrine et évacué. Tous les accès de la place cairoise sont encore bloqués.

21h57 : L'envoyé spécial du Guardian indique que les combats continuent près de la place Tahrir. "Je vois des cocktails Molotov jetés de toits", témoigne-t-il.

Les pro-Moubarak dispersés par l'armée

21h47 : Selon François Clauss, le correspondant d'Europe 1 au Caire, les manifestants pro-Moubarak reculent, bloqués par des chars militaires et dispersés par l'armée. Mais ces derniers continuent à lancer des cocktails Molotov à l'encontre des anti-Moubarak.

21h44 : Un responsable de l'ambassade des Etats-Unis au Caire a indiqué à l'AFP que la diplomatie américaine avait été en contact avec "un grand nombre" d'opposants égyptiens depuis le début des protestations, mais "pas avec les Frères musulmans". Il n'a pas expliqué pourquoi de tels contacts n'ont pas eu lieu.

21h37 : Nouraddin Adbulsamad, un ministre égyptien, sur Al Jazeera, a demandé à Hosni Moubarak de reculer, l'accusant de vouloir "brûler toute l'Egypte".

21h21 : Reporters sans frontières "condamne sans appel" les violences commises mercredi par les partisans d'Hosni Moubarak, auxquels se seraient mêlés des policiers en civil, contre plusieurs journalistes de la BBC, d'Al-Jazeera, de CNN, d'Alarabiya et d'ABC News. Selon RSF, ces violences ont été commises lors des heurts entre manifestants pro et anti-Moubarak place Tharir.

20h51 : Le vice-président égyptien Oumar Souleimane appelle les manifestants à rentrer chez eux et à respecter le couvre-feu. Les manifestations doivent cesser pour que le dialogue avec l'opposition puisse commencer, selon lui.

20h45 : Selon un bilan officiel, un appelé de l'armée a été tué et plus de 600 personnes ont été blessées mercredi dans les violents affrontements qui ont eu lieu place Tahrir, au Caire. L'homme qui est décédé est tombé d'un pont, selon Reuters. La plupart des blessés ont été atteints à la tête par des pierres lors d'affrontements entre partisans et opposants à Hosni Moubarak, a précisé le ministre de la Santé, Ahmed Farid, dans une intervention télévisée. Le ministre a jouté qu'il n'y avait pas eu de blessé par balle.

20h24 : Hosni Moubarak a déclaré que les violences qui ont eu lieu au Caire sont le fruit de manipulations de la part des "forces politiques", rapporte Al Jazeera.

20h13 : Michèle Alliot-Marie a "condamné" les violences en Egypte, mercredi soir sur France 2. "Ça me choque qu’on risque la mort pour défendre ses idées", ce n'est "pas digne de l’humanité", a jouté la ministre des Affaires étrangères.

20h01 : Des bombes artisanales sont jetés depuis des immeubles jouxtant la place Tahrir, rapporte Al Jazeera.

"Le temps du changement est arrivé", selon les Etats-Unis

19h58 : Priée de dire si les États-Unis soutiennent le projet d'Hosni Moubarak d'aller au terme de son mandat, en septembre, la Maison blanche a répondu mercredi que la présidence américaine souhaitait un changement dès à présent.

19h55 : L'armée lance des appels au calme à l'aide de mégaphone et demande aux manifestants des deux camps de rentrer chez eux, rapporte France 24.

19h51 : Nouveau bilan de 3 morts au Caire, selon la BBC.

19h44 : L'hôpital El Demerdash fait état de nombreuses blessures provoquées par des jets de cocktails Molotov et des jets d'acide, rapporte un journaliste de la BBC.

19h38 : La police aurait réussi à faire sortir les militants pro-Moubarak du musée du Caire.

19h34 : Nouveau bilan officiel faisant état de 600 blessés, selon le ministère de la Santé égyptien..

19h31 : Les Etats-Unis prennent leurs distances avec les autorités égyptiennes. "Le message que le président (Barack Obama) a clairement délivré au président Moubarak, c'est que le temps du changement est arrivé", a dit le porte-parole de la présidence américaine.

19h27 : "Il faut arrêter la violence, qu'il n'y ait pas de morts", a demandé la ministre des Affaires étrangères, invitée de Canal+. "L'usage de la violence doit être banni de part et d'autre", a déclaré la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie

19h14 : "Les Etats-Unis déplorent et condamnent la violence qui a lieu en Egypte, et nous sommes profondément inquiets au sujet des attaques contre les médias et les manifestants pacifiques. Nous renouvelons notre appel à la retenue", précise le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs.

19h09 : Un journaliste d'Al-Jazeera rapporte que les ambulances ne peuvent pas accéder à la place Tahrir malgré le grand nombre de blessés.

19h03 : "Une série de tirs a été entendue près du musée. Une fumée blanche se dégage de l'avenue située sur le flanc droit du musée", rapporte le correspondant de France 24. La place Tahrir continue de se vider.

Le reportage de CNN en fin d'après-midi :

18h51 : Le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères défend sur la BBC le comportement des militaires. "Ce n'est pas la place Tiananmen, cela ne le deviendra pas", a-t-il déclaré, tout en louant "le haut niveau de professionnalisme et de moralité des forces armées".

18h50 : Nouveau bilan officiel de 403 blessés et d'un mort. "Il y a eu un décès, celui d'un conscrit des forces armées", a indiqué le porte-parole du ministre de la Santé, Abderrahmane Chahine, à la télévision.

18h43 : Un témoignage recueilli par Europe 1 rapporte que des bandes de voyous avaient déjà investis les rues du Caire mardi soir.

Début d'incendie au musée du Caire

18h40 : Des jets de cocktails Molotov ont provoqué un début d'incendie sur l'une des façades du musée du Caire.

18h36 : La situation continue de se tendre, France 24 rapportant des jets de cocktails Molotov.

18h32 : Le ministère de la Santé égyptien communique un premier bilan chiffré faisant état de 350 blessés et d'un mort, présenté comme un appelé.

18h26 : Plusieurs manifestants ont affirmé au New York Times qu'on leur a proposé de l'argent, l'équivalent de 6 euros, pour porter des affiches pro-Moubarak.

18h15 : La place Tahrir se vide progressivement mais les affrontements persistent, sans que l'armée n'intervienne. Une vingtaine d'ambulances sont postées aux différents points d'accès à la place.

17h46 : Le ministre belge des Affaires étrangères, Steven Vanackere, demande la "libération immédiate" du journaliste Serge Dumont. "Notre ambassade demande aux autorités égyptiennes d'assurer la sécurité du reporter belge et de faire tout ce qui est nécessaire pour pouvoir le localiser", explique le ministre,

17h40 : Au moins 500 blessés ont été soignés dans une mosquée transformée en hôpital de campagne à proximité de la place Tahrir, ont indiqué des sources médicales. Le bilan pourrait être plus lourd car "d'autres blessés ont été transférés vers des hôpitaux ailleurs".

"La violence n'est pas la réponse à ce qui est en jeu"

17h35 : Le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero, a condamné sur France 24 les violences et exprimé sa "vive préoccupation". "La violence n'est pas la réponse à ce qui est en jeu, aux aspirations des Egyptiens", a-t-il dit. Le ministère des Affaires étrangères demande donc la fin des affrontements.

17h25 : Le journaliste Ivan Watson, de la chaîne CNN, indique que les anti-Moubarak sont désormais encerclés par les supporters du président au milieu de la place Tahrir et dit craindre "un bain de sang" à la nuit tombée.

17h10 : Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu met en garde contre le risque que le soulèvement populaire en Egypte ne débouche sur une période "d'instabilité et d'incertitude pendant de nombreuses années" dans la région.

17h : La nuit est tombée sur Le Caire. Des feux ont été allumés place Tahrir, où ne sont plus rassemblés que les manifestants les plus radicaux.

nuit tombée sur la place tahrir caire CAPTURE BBC 930620

© CAPTURE D'ECRAN BBC

"Eviter la violence"

16h41 : Les Etats-Unis sortent de leur silence et exhortent "toutes les parties à faire preuve de retenue et à éviter la violence". La Maison Blanche "déplore et condamne" la violence contre les "manifestants pacifiques".

16h35 : L'AFP fait état de centaines de blessés parmi les manifestants au Caire. La chaîne Al-Jazeera parle elle de 500 blessés.

16h20 : Les partisans des deux camps sont montés sur les toits des immeubles pour jeter des pierres. Les pro-Moubarak lancent également des cocktails molotov. Des voitures, des camions et des arbres sont en feu, à proximité du musée égyptien.

16h15 : Les Etats-Unis dénoncent les "attaques" contre les médias en Egypte. Plusieurs journalistes ont en effet été molestés par des manifestants. Un des correspondants de France 24 parle de "chasse aux sorcières" contre les journalistes. Le journaliste vedette de CNN, Anderson Cooper, aurait lui été frappé à la tête par les manifestants pro-Moubarak.

Ecoutez les explications (en anglais) d'Anderson Cooper :

Un journaliste belge, correspondant pour le quotidien français La Voix du Nord, aurait lui été enlevé alors qu'il était en reportage dans le centre du Caire. Le journaliste a pu appeler la rédaction et indiquer qu'il avait été "emmené auprès d'un poste militaire, où il s'est entendu accuser d'espionnage, puis annoncer qu'il allait être transféré vers des services de sécurité".

16h10 : Un correspondant de France 24 au Caire affirme avoir assisté à des arrestations musclées de manifestants pro-Moubarak qui sont en fait des policiers, selon la profession indiquée sur leur carte d'identité.

16h02 : Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, qualifie d'"inacceptables" les attaques contre les manifestants pacifistes au Caire et les "les condamne fermement". Il a appelé "toutes les parties à la retenue".

15h58 : L'opposant égyptien Mohammed ElBaradei dit s'attendre à une intervention de l'armée égyptienne aujourd'hui, sur Al-Jazeera. Il dit avoir demandé à l'armée d'intervenir pour protéger les Egyptiens. Il affirme par ailleurs avoir des preuves que des manifestants pro-Moubarak sont des policiers.

15h55 : Des cocktails molotov et des gaz lacrymogènes sont tirés dans l'espace qui sépare les deux camps.

15h25 : L'armée tire en l'air pour disperser les manifestants. La télévision publique égyptienne dément ces coups de feu.

15h15 : Les manifestants se dirigent vers le Musée égyptien du Caire. Des soldats forment une chaîne dans l'enceinte du musée pour tenter de le protéger mais ne s'interposent pas entre les deux camps. Des manifestants anti-Moubarak ont poussé cinq camions de l'armée à proximité du musée pour former une barrière.

15h10 : Le gouvernement égyptien refuse les appels à une transition immédiate du pouvoir, après des appels répétés en ce sens de la communauté internationale, notamment des Etats-Unis. "Ce que disent des parties étrangères sur 'une période de transition commençant immédiatement' en Egypte est refusé", écrit dans un communiqué le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Hossam Zaki.

14h50 : Selon la chaîne américaine CNN, des manifestants pro-Moubarak affirment avoir été forcés à se rendre place Tahrir.

14h45 : Les manifestant anti-gouvernementaux déclarent, malgré les heurts, qu'ils ne quitteront pas la place Tahrir tant que le président Hosni Moubarak ne serait pas parti. Les Frères musulmans, principale force d'opposition, ont répété qu'ils refusaient que me président égyptien reste au pouvoir jusqu'en septembre.

14h44 : L'envoyé spécial de France 24 au Caire indique que des coups de feu ont été entendus à proximité de la place Tahrir.

14h15 : Certains manifestants anti-Moubarak accusent leurs adversaires d'être des policiers en civil. Selon la chaîne d'information Al-Jazeera, des manifestants montrent des cartes de police qu'ils affirment avoir trouvé sur les attaquants. Des informations démenties par le ministère égyptien de l'Intérieur.

14h05 : Les militants pro-Moubarak chargent les manifestants à dos de cheval et de chameau. Certains sont encerclés, désarçonnés et battus à terre.

Regardez ces images de la place Tahrir au Caire :





13h45 : Les journalistes présents sur place constatent la présence de plusieurs blessés. La chaîne Al-Jazeera annonce une centaine de blessés.

13h02 : Premiers heurts entre manifestants anti-gouvernementaux et militants pro-Moubarak rassemblés sur la place Tahrir. L'armée, qui se trouvait entre les différents cortèges, n'a pas tenté de séparer les manifestants qui se battent à coup de bâtons et de jets de pierres.

11h50 : L'opposition égyptienne appelle à la poursuite des manifestations et maintient son rassemblement prévu vendredi pour demander le départ de Moubarak. Insatisfaite de la promesse du président d'abandonner le pouvoir en septembre prochain, elle ne veut dialoguer qu'avec le vice-président, Omar Souleïmane.

11h27 : Le Parlement égyptien a annoncé qu'il suspendait ses séances jusqu'à la révision des résultats des dernières élections législatives. Le scrutin est en effet entaché par des accusations de fraude et de violences.

11h15 : Le couvre-feu instauré vendredi dans tout le pays a été allégé au Caire ainsi qu'à Alexandrie et Suez. Il commencera à 17 heures locales, au lieu de 15 heures et se terminera à 7 heures au lieu de 8 heures. La décision, prise par Hosni Moubarak, a été annoncée par la télévision publique.

11h : Après plus de cinq jours de coupure, l'accès à internet a été en partie rétabli mercredi au Caire et dans d'autres villes.

10h40 :L'armée égyptienne appelle à la fin des manifestations, dans un message diffusé à la télévision. Elle assure que le message des manifestants a été entendu. "Vous êtes descendus dans la rue pour faire entendre vos exigences et vous seuls êtes en mesure de permettre le retour à la vie normale", déclare un porte-parole de l'armée. Selon lui, il faut désormais penser à l'avenir du pays et faciliter le retour au calme.

Au début de la semaine, l'armée avait jugé "légitimes" les revendications de la population, assurant qu'elle ne tirerait pas sur la foule. Promesse tenue mardi, alors que plus d'un million de personnes se sont rassemblées dans les rues égyptiennes.

9h55 : La foule afflue de nouveau place Tahrir, au centre du Caire, où s'étaient réunis la veille plus d'un million de manifestants pour réclamer le départ d'Hosni Moubarak.