Une foule immense pour Chokri Belaïd
© Reuters

RETOUR SUR - La Tunisie a rendu hommage à l'opposant assassiné. 132 personnes ont été arrêtées.

# L'ESSENTIEL

- Les Tunisiens ont enterré, vendredi, Chokri Belaïd, opposant à Ennahda, assassiné mercredi à Tunis.

- Des troubles ont éclaté près du cimetière et dans le centre-ville. 132 personnes ont été arrêtées.

- Le Premier ministre souhaite toujours former un gouvernement de technocrates.

# MINUTE PAR MINUTE

18h : Un gouvernement d'experts ? Le Premier ministre tunisien, Hamadi Jebali, a déclaré vendredi qu'il s'en tenait à sa décision de former un gouvernement de technocrates, malgré un désaveu de son parti islamiste Ennhada. "Je m'en tiens à ma décision de former un gouvernement de technocrates et je n'aurai pas besoin de l'aval de l'Assemblée nationale constituante" (ANC), a déclaré M. Jebali, cité par l'agence officielle TAP. "La composition de ce gouvernement est quasiment prête", a-t-il ajouté

17h30 : 132 arrestations.  Quelque 40.000 personnes ont assisté vendredi aux funérailles, selon le ministère de l'Intérieur, qui a fait état de 132 arrestations à Tunis et jugé que le calme régnait "grosso modo" en Tunisie. Khaled Tarrouche a cependant fait état de bâtiments publics et de locaux du partis islamistes Ennahda attaqués vendredi dans quelques villes tunisiennes, dont Mahdia (est) et Hammam-Lif, banlieue sud de Tunis.

16h45 : "Papa, qui t'as tué ?". C'est l'inscription que l'on peut lire sur le pull de la fille de Chokri Belaïd. 

tunisie belaid 930

© Reuters

16h30. Une oraison funèbre. Hamma Hammami, dirigeant du Front populaire, la coalition de partis de gauche et d'extrême-gauche à laquelle appartenait l'opposant, a prononcé une oraison funèbre, avant que la foule n'observe une minute de silence solennel. Plusieurs personnes ont ensuite pris des pelles pour recouvrir de terre la dépouille de Chokri Belaïd.


Aucun représentant du gouvernement n'était présent.

16h15  : Son corps mis en terre. L'opposant tunisien, Chokri Belaïd a été enterré. Au moment de l'inhumation, des milliers de voix ont crié "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand) avant d'entamer l'hymne national et de réciter la fatiha, premier verset du Coran.

15h30 : Des voitures incendiées. Près du cimetière, des manifestants ont mis le feu à des véhicules, selon Tuniscope.  


tunisie obseques belaid

© Reuters

15h : Quid des autres villes ? A Gafsa, bastion de partisans de Chokri Belaïd dans le bassin minier du sud de la Tunisie, des manifestants ont lancé des pierres et des cocktails Molotov contre la police qui a répliqué à l'aide de grenades lacrymogènes, selon des témoins. Dix mille personnes environ ont également manifesté à Sidi Bouzid, d'où est parti la "révolution du jasmin" de décembre 2010 et janvier 2011

14h30 : Une milice pro-islamiste annonce sa dissolution. Une antenne de la "Ligue de protection de la révolution", milice pro-islamiste accusée de violences politiques en Tunisie, a annoncé sa dissolution à Siliana, ville du nord-ouest ayant connu des affrontements sanglants en novembre sur fonds de révolte contre la misère.

14h10 : Le cimetière est noir de monde. Il y aurait plusieurs dizaines de milliers de personnes aux funérailles de Chokri Belaïd, selon des estimations de l'AFP et de médias tunisiens dont la chaîne privée Nessma TV. Le cimetière, son quartier et la mosquée qui s'y trouve sont noirs de monde. 

"Le peuple veut la chute du régime", a scandé la foule dans l'entrée du cimetière.

tunisie 930

© Reuters

tunisie 930

© Reuters

13h50 : Lacrymogènes et échauffourées. La police a tiré des gaz lacrymogènes sur des dizaines de manifestants dans le centre de Tunis ainsi que des casseurs aux abords du cimetière où l'opposant Chokri Belaïd doit être inhumé. Des groupes de casseurs ont voulu attaquer des voitures face au cimetière et la police les a dispersés avec du gaz lacrymogène provoquant un bref mouvement de panique. La police a aussi pourchassé à coup de matraque et de gaz des jeunes manifestants scandant "dégage, dégage" sur l'avenue Habib Bourguiba.

12h45 : une foule immense. L'envoyé spécial d'Europe 1 marche au cœur de la foule qui accompagne le cercueil vers le cimetière. "Une foule immense", rapporte-t-il, "submergée par l'émotion".

12h30 : "Belaïd, repose en paix". Le cercueil, recouvert du drapeau national, a été placé ensuite sur une camionnette de l'armée. L'ancien avocat devait être inhumé dans l'après-midi au cimetière du Djellaz. "Belaïd, repose en paix, nous continuons la lutte", scandait la foule, en brandissant des portraits de l'opposant assassiné. On entendait aussi des slogans hostiles à Rached Ghannouchi, le chef d'Ennahda, le parti islamiste au pouvoir : "Ghannouchi, assassin, criminel", "La Tunisie est libre, terrorisme dehors".

11h43 : Le cercueil de Chokri Belaïd quitte la maison de la culture. Selon le blog tunisien nawaat, les soldats ont peiné à se frayer un chemin jusqu'à la dépouille de Chokri Belaïd. Une foule immense encercle la maison de culture du quartier de Djebal Jloud.


10h30 : Les Tunisiens se rassemblent. Quelque 3.000 personnes étaient rassemblées vers 10h30 vendredi à Djebel Jelloud, un quartier de la banlieue sud de Tunis, pour participer aux funérailles prévues en début d'après-midi de l'opposant assassiné, Chokri Belaïd, selon des journalistes de l'AFP. La foule, qui continue de grossir, est réunie devant la maison de la culture du quartier où le cercueil est exposé, couvert de fleurs. Une procession doit traverser le quartier pour rejoindre le cimetière voisin d'El-Jellaz où l'opposant sera mis en terre en début d'après-midi.


>> A lire également : le reportage de l'envoyé spécial d'Europe 1 à Tunis, ici.

10h05 : Tous les vols annulés. Tous les vols au départ et vers la Tunisie ont été annulés vendredi en raison de la grève générale décrétée dans le pays pour les obsèques de l'opposant assassiné Chokri Belaïd, a appris l'AFP auprès de l'aéroport de Tunis-Carthage.


09h00 : Le peuple joue son rôle. Pour l'ancien Premier ministre tunisien Beji Caid Essebsi, les résultats de l'actuel gouvernement ne sont pas fameux, mais "depuis la révolution de jasmin, le peuple tunisien joue enfin son rôle et demande des comptes au pouvoir", a-t-il estimé, vendredi matin sur Europe 1.