Dans Mossoul, l’EI tentait de mettre au point des armes chimiques

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Les forces irakiennes et françaises ont découvert à Mossoul une résidence ou des agents de l'Etat islamique ont tentés de mettre au point des armes chimiques.

REPORTAGE

On sait que le groupe État islamique a déjà utilisé du gaz moutarde et du chlore dans des obus en Irak et Syrie.  À l’est de Mossoul, les forces spéciales irakiennes avec à leur côté, les forces spéciales françaises, ont découvert une fabrique d’explosifs ou l’EI tentait de militariser des agents chimiques. L'envoyée spéciale d'Europe 1 a pu visiter les lieux. Reportage. 

Des dizaines de missiles. Cette petite usine de fortune se situe dans une maison isolée, située à l’abri des regards. Très vite, les soldats de l’armée irakienne toussent et nous demandent de ne rien toucher. Sur la terrasse, les djihadistes ont laissé des combinaisons étanches et des gants en caoutchouc. Une odeur âcre s’échappe de fûts métalliques. Plus loin, dans un hangar, sont entreposées des dizaines de missiles de courte et longue portée de fabrication russes, avec les têtes ouvertes. "Ils voulaient mettre l’agent chimique avec l’explosif dans la tête de ces missiles. Donc quand ça vous tombe dessus, à votre avis, qu’est-ce qu’il se passe ? Heureusement, Ils n’ont pas eu le temps de mettre en pratique ce qu’il préparait sur ces missiles, parce que nous avons avancé à temps", explique un capitaine. La substance chimique retrouvée dans les missiles est toujours en cours d’analyse.

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La fabrique se situe dans une maison isolée à l'est de Mossoul. (crédit : Europe 1)

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Des dizaines de missiles de courte et longue portée de fabrication russes sont entreposés dans un hangar. (crédit : Europe 1)

Les physiciens de l’Etat islamique ont mené plusieurs expériences.

L'université de Mossoul mise à contribution. Les djihadistes ont également tenté de produire des armes chimiques à l'intérieur même Mossoul. Il faut moins de dix minutes depuis l’atelier pour rejoindre l’université de la ville. Dans le département des sciences, les physiciens de l’Etat islamique ont mené plusieurs expériences. "Le renseignement, notamment au sein de la coalition, nous a indiqué que l’Etat islamique s’est servi des laboratoires de biologie de l’université pour tester et mélanger des agents chimiques", explique à Europe 1 le général Haider Fadhil des forces spéciales irakiennes.

Une forme de guerre psychologique. "Nous avons envoyé des équipes spécialisées dans la menace chimique faire des prélèvements. Les premiers résultats montrent la présence de gaz moutarde et des experts sont en train d’analyser les autres échantillons qu’ils ont prélevés. Mais les spécialistes français et américains nous ont d’ores et déjà dit que la zone était contaminée et que ces produits étaient dangereux pour les civils", poursuit le responsable militaire. Quelle que soit la toxicité de ces armes chimiques, les voitures piégées et les mortiers continuent de faire bien plus de morts à Mossoul, néanmoins la peur qu’instille les armes chimiques dans l’esprits des soldats est inégalable pour prendre l’avantage dans la guerre psychologique.