Une campagne anti-Cassez au Mexique

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Une campagne anti-Cassez au Mexique
Florence Cassez est accusée, dans la presse mexicaine, de recruter au sein de sa prison des détenues pour se livrer à des "activités illicites".
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La Française est accusée de recruter des détenues pour se livrer à des "activités illicites".

Florence Cassez victime d’une nouvelle polémique au Mexique. La Française, condamnée à 60 ans de prison pour enlèvements, est soupçonnée de "recruter des détenues des différentes prisons du District Fédéral pour réaliser des activités illicites depuis la prison" de Tepepan, au sud de Mexico, où elle est emprisonnée depuis près de 6 ans. Ces accusations sont apparues depuis plusieurs jours au sein de différents journaux mexicains. Tous citent un rapport de la police fédérale.

Les détenues craignent "pour leur sécurité"

Tout a commencé dimanche. Le journal El Dia a affirmé que la jeune femme de 36 ans se livrait à des "activités illicites", "en liaison avec une autre interne Kathinka Gabriela Solis Barrera", citant "des rapports de renseignement du ministère de la Sécurité publique". Des rapports dont le porte-parole du ministère de la Sécurité publique, Juan Carlo Buenrostro, a déclaré ignorer l'existence.

Le quotidien met également en cause le député Gerardo Fernandez Norona, un député du Parti du Travail, défenseur de Florence, et accusé lui aussi de comploter "pour monter un scandale politique contre des hauts fonctionnaires du ministère de la Justice et de la police fédérale".

Et mardi, la chaine de radio W Radio a diffusé l'interview de deux femmes, présentées comme des détenues de Tepepan. Ces dernières ont affirmé qu’elles craignaient, toutes deux, pour leur "sécurité car Florence Cassez (leur) propose de participer à des actes de délinquance".

Des accusations "dénuées de fondements"

Cette campagne d’accusations intervient alors que le recours en révision de la Française est actuellement en cours d'examen par la Cour suprême du Mexique. Florence Cassez estime d’ailleurs que "tout cela intervient pour brouiller les pistes alors que la Cour suprême a accepté d'examiner mon recours". Elle a assuré, à l’AFP, que l'ensemble de ces accusations étaient "totalement dénuées de fondements" et  n'avoir jamais de contact avec la détenue Kathinka.

Quant au député Gerardo Fernandez Norona, il a estimé que "cette campagne est un tissu de mensonges". Interrogé par l'AFP, celui-ci a déclaré que cette campagne était "un acte de persécution et d'intimidation orchestrée par Genaro Garcia Luna (l’ex-chef de la police fédérale au moment de l'arrestation de Florence Cassez et à l’origine du montage de sa fausse arrestation, ndlr), le ministre mexicain de la Sécurité publique".

Un avis que partagent également les proches de Florence Cassez. Ils se sont dits, auprès d’Europe 1, persuadés qu’il s’agit une histoire montée de toute pièce. Ces accusations sont "tout à fait fantaisistes", a expliqué la mère de la jeune femme sur Europe 1, ajoutant qu'elles n'avaient "pas été confirmées par le ministères de la Sécurité publique à Mexico" ni "reprises par les grands médias mexicains". Pour le père de Florence Cassez, le but est simple : "on veut faire pression sur Florence. C'est de l'intimidation".