Une "affaire Fritzl" au Royaume-Uni

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Une "affaire Fritzl" au Royaume-Uni
@ CAPTURE D'ECRAN
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Un Britannique a violé ses filles pendant 25 ans. Les services sociaux sont pointés du doigt.

Pendant plus de 25 ans, un Britannique a violé ses deux filles. Elles ont été enceintes à 18 reprises et de cet inceste, sont finalement nés sept enfants, dont certains sont gravement handicapés. Cette affaire, jugée en 2008, a été révélée mercredi outre-Manche avec les conclusions d’une enquête plus générale sur les ratés des services sociaux. Après le choc de ce fait divers sordide, c’est une polémique politique qui est en train de monter.

"Nous aurions dû vous protéger"

Lors d’une conférence de presse très solennelle, les responsables du Sheffield Safeguarding Children Board, l’organisme responsable de la protection des enfants, ont ainsi présenté leurs excuses. "Nous voulons demander pardon à la famille au coeur de cette affaire. Il est clair que nous avons failli", a déclaré Sue Fiennes, l’une des responsables. "Nous aurions dû vous protéger".

Car 28 agences officielles et cent de leurs responsables ont eu affaire avec cette famille qui a, certes, déménagé à de très nombreuses reprises. Un des enfants de la famille a lui-même raconté comment il avait essayé de donner l’alerte, en 1997, quand sa mère lui a dit : "ton neveu n’est pas ton neveu, c’est ton demi-frère, le fils de ton père".

"Désolés, nous avons laissé votre père vous violer toutes les deux pendant 25 ans", a ironisé le tabloïd The Sun.

Comment ces crimes ont-ils pu être cachés si longtemps ?

Le nom de cette famille britannique n’a pas été dévoilé pour protéger les enfants. Mais le lien a immédiatement été fait avec le cas "Fritzl", en Autriche. Elizabeth Fritzl, séquestrée par son père pendant 24 ans dans une cave, avait donné naissance à sept enfants.

Mais dans le cas britannique, la famille n’avait aucun contact avec les services sociaux. Les sévices ont commencé en 1981 quand les deux enfants avaient 8 et 10 ans. Elles étaient alors agressées tous les jours. Un peu plus tard, les viols avaient lieu deux à trois fois par semaine. Le père, qui se faisait appeler "le boss", n’hésitait pas à maintenir les enfants au-dessus des brûleurs à gaz si elles refusaient d'acquiescer. Il a été condamné à la prison à vie.