Une affaire de valise embarrasse le Sénégal

  • A
  • A
Une affaire de valise embarrasse le Sénégal
Partagez sur :

Le président Abdoulaye Wade a fait remettre au représentant du FMI à Dakar, une mallette contenant 133.000 euros.

L'affaire de la valise de billets offerte à un agent du Fonds monétaire international (FMI) au Sénégal, pour un montant total de 133.000 euros, embarrasse le président Abdoulaye Wade. L’histoire débute le soir du 25 septembre alors qu’Alex Segura doit prendre un avion pour Paris, au dernier jour de son séjour de trois ans au Sénégal comme représentant-résident du FMI. Invité à dîner avec Abdoulaye Wade, il reçoit un étrange cadeau : une mallette dans laquelle se trouve 100.000 euros et 50.000 dollars américains.

"Le président a expliqué que l'argent avait été remis en guise de traditionnel cadeau d'adieu à M. Segura (...) et n'était destiné en aucune manière à influencer ni M. Segura, qui quittait définitivement le pays, ni le FMI", a rapporté le FMI mardi. Dakar explique qu’il s’agit d’une erreur humaine. Alex Segura n’aurait pas dû recevoir cette valise mais une autre dans laquelle se trouvaient une sculpture africaine et des livres dédicacés par le président sénégalais.

"C'est un non sens que de parler de corruption de quelqu'un qui vous quitte définitivement sans la moindre chance que vous puissiez vous rencontrer un jour" plaide le chef de l'Etat sénégalais. Le premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye, avait auparavant tenté de minimiser l'affaire, en affirmant dans une interview troublante: "100.000 euros, c'est rien. (...) Avec cette somme, qu'est-ce que vous pouvez acheter en France ? Vous ne pouvez même pas vous payer un appartement".

Alex Segura, qui n'avait pas ménagé ses critiques à l'égard de la politique budgétaire du gouvernement sénégalais lors de son séjour, a renvoyé l'argent dans les jours qui ont suivi sa réception.

La société civile sénégalaise a demandé l'ouverture d'une enquête indépendante dans cette affaire. La presse du pays a évoqué l'hypothèse d'une machination contre Alex Sagura. "Est piégé qui croyait piéger. Le corrupteur a été pris à son propre jeu", avance ainsi L'Observateur.