Un repenti de la mafia accuse à la barre Berlusconi

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Un repenti de la mafia accuse à la barre Berlusconi
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Gaspare Spatuzza a assuré que le nom du président du conseil italien avait été cité par un parrain de Cosa Nostra.

Ce n’est pas la première fois que Gaspare Spatuzza accuse Silvio Berlusconi d’avoir eu des liens avec la mafia sicilienne Cosa Nostra. Mais vendredi, le repenti de la mafia l’a fait de façon très officielle, caché derrière un paravent, face aux juges de la Cour d'appel de Palerme.

Gaspare Spatuzza a assuré à la barre que son boss, Giuseppe Graviano, "content comme quelqu'un qui vient de gagner au loto", lui avait dit "avoir tout obtenu grâce au sérieux de [certaines] personnes". De qui s’agissait-il ? De Silvio Berlusconi, le président du conseil italien qui n’était pas alors entré en politique, et de Marcello Dell'Utri, un sénateur condamné en première instance à neuf ans de prison pour liens avec le crime organisé.

Gaspare Spatuzza affirme depuis 2008 que Silvio Berlusconi et Marcello Dell'Utri ont été les interlocuteurs privilégiés dans le monde politique du boss mafieux, Giuseppe Graviano, au moment où la mafia commettait une série d'attentats sanglants en 1993. L'année suivante, Silvio Berlusconi et Marcello Dell'Utri créaient le parti Forza Italia et Silvio Berlusconi remportait les premières législatives le portant au pouvoir. Gaspare Spatuzza a lui été condamné pour des attentats commis en 1993.

Silvio Berlusconi s’était défendu vertement la semaine dernière face à ces accusations. Le dirigeant italien avait alors assuré qu’il s’agissait de l’"attaque la plus incroyable et ignoble qu'il ait subie ces dernières années". Au début de l'audience vendredi, les avocats de Marcello Dell'Utri ont eux demandé la révocation des dépositions de GaspareSpatuzza, dénonçant "des mensonges et manipulations".