Un pirate condamné à 20 ans de prison

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Un pirate condamné à 20 ans de prison
@ REUTERS
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Cet Américain de 28 ans a piraté des millions de cartes de crédit.

C’est la peine la plus lourde jamais prononcée par la justice américaine dans un cas de délit informatique, selon Mark Rasch, ancien responsable de la criminalité informatique au département américain de la Justice. Albert Gonzalez a été condamné jeudi aux Etats-Unis à 20 ans de prison pour avoir dérobé les numéros de millions de carte de crédit.

Le jeune homme de 28 ans pourrait voir sa peine de prison s'alourdir vendredi… Un autre juge doit statuer sur une autre série de charges pour lesquelles il a aussi reconnu sa culpabilité : le vol de plusieurs millions de numéros de cartes de paiement à des sociétés de traitement comme par exemple Heartland Payment Systems et à des chaînes de magasins d'alimentation.

130 millions de coordonnées volées

Albert Gonzalez a été entre autres l’instigateur d'un réseau qui a subtilisé au total plus de 130 millions de numéros de cartes de paiement. Le jeune pirate informatique avait "inventé un moyen sophistiqué" de pénétrer dans les réseaux de supermarchés et d'organismes financiers pour voler les coordonnées bancaires de leurs clients. Ils envoyaient ensuite celles-ci sur des serveurs opérant dans plusieurs Etats américains, mais aussi aux Pays-Bas et en Ukraine, et avaient trouvé le moyen de couvrir leurs traces dans les systèmes informatiques piratés.

Préjudices incalculables

150 millions d’euros, c’est le montant du préjudice évalué causé par Albert Gonzalez et ses complices un peu partout dans le monde en ce qui concerne les entreprises touchées. Par contre, impossible de calculer celui causé aux particuliers, a déclaré le procureur adjoint Stephen Heymann.

Devant la justice, Albert Gonzalez a fait valoir qu'il avait développé une addiction aux ordinateurs depuis l'enfance, qu'il s'était adonné à l'alcool et à la drogue pendant des années et qu'il souffrait de désordres liés à un syndrome d'Asperger, une forme d'autisme. Faux, selon le procureur. "Les experts n'ont pas trouvé de preuve d'Asperger", a-t-il assuré. "Sa conduite compulsive n'a rien à voir avec un trouble mental, il s'agit d'un vaste plan à long terme", a-t-il dit.