Un mois de présidence Trump et beaucoup de turbulences

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Un mois de présidence Trump et beaucoup de turbulences
Les premières décisions de Donald Trump ont été décriées.@ AFP
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Donald Trump a réussi en quatre semaines à s'attirer les foudres de bons nombres de citoyens, un scandale semant le doute sur les liens de son administration avec la Russie.

Lors de son discours d'investiture le 20 janvier, il avait promis qu'il serait celui qui allait rendre à l'Amérique sa grandeur. Un mois après sa prise officielle de fonction, Donald Trump aura surtout réussi à faire grandir la contestation contre lui, par des décisions décriées ou des réactions outrées.

Des décrets contestés

20 janvier : des dérogations à l'Obamacare. A peine installé, Donald Trump cherche déjà à détricoter la réforme la plus emblématique de la présidence de Barack Obama : la loi sur l'assurance maladie. Le jour de son investiture, il signe un décret permettant aux diverses agences fédérales de "soulager le poids" de cette loi. Le président permet ainsi à son administration d'user de dérogations pour ne pas appliquer la loi existante. Cela ne suffit toutefois pas à effacer la Obama Care. Ce sera au Congrès de se prononcer sur la question.

23 janvier : un décret contre les ONG pro-avortement. Le président américain signe dans la foulée un décret interdisant le financement d'ONG internationales qui soutiennent l'avortement. Ces restrictions avaient été annulées par le président démocrate Bill Clinton, puis remises en place par le républicain George W. Bush avant d'être annulées à nouveau par le président démocrate Barack Obama.

Une décision qualifiée "d'agression à l'encontre de la santé des femmes" par nombre d'organisations progressistes et de défense des femmes et également condamnée par Bill Gates et sa femme Melinda. "Nous sommes inquiets de voir ce changement avoir une incidence sur des millions de femmes et de filles à travers le monde", avait déclaré Melinda Gates, la femme du milliardaire, au quotidien britannique The Guardian.

28 janvier : "le Muslim ban". Cette décision a provoqué un tollé aux États-Unis et dans le monde. Une semaine après s'être installé à la Maison-Blanche, Donald Trump ratifie un décret interdisant l'entrée pendant trois mois sur le territoire américaine de ressortissants de sept pays à majorité musulmane mais aussi des réfugiés, quelle que soit leur nationalité, pendant quatre mois. Dans les rues, dans les aéroports, de New York à Los Angeles, et jusqu'à Londres, les citoyens se rassemblent pour protester contre une décision qu'ils jugent raciste.

En Iran, le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, a affirmé également que "cette discrimination collective aide les terroristes à recruter en creusant la fracture initiée par les démagogues extrémistes". En France, Jean-Marc Ayrault a plaidé pour une annulation de cette décision.

31 janvier : un nouveau juge à la Cour suprême. Le 31 janvier, "The Donald" arrime la Cour suprême (qui agit à la fois comme cour constitutionnelle et cour judiciaire) à droite en nommant Neil Gorsuch, comme nouveau juge. 

Ce magistrat de 49 ans s'est fait connaître, lorsque Barack Obama était président, par pris plusieurs décisions favorables à des chefs d'entreprises refusant de rembourser certains moyens de contraception, comme le stérilet ou la pilule du lendemain, au nom de leurs opinions religieuses.Il s'est également déclaré favorable au port d'armes. Cette nomination inquiète le camp démocrate et les femmes qui avaient manifesté en nombre le 21 janvier pour dénoncer les propos sexistes de Donald Trump durant la campagne et les mesures polémiques qu'il promettait de lancer.

14 février : l'abrogation d'une règle anti-corruption. Le président américain Donald Trump signe l'abrogation d'une règle qui obligeait notamment les compagnies minières et pétrolières américaines à rendre publics les paiements versés aux États étrangers afin de prévenir des faits de corruption. Une décision que déplore la coalition d'organisations de lutte contre la pauvreté Jubilee USA. Elle estime perdre un outil qui "pouvait permettre de suivre les milliards de dollars servant à la corruption et à l'évasion fiscale dans le monde en développement".


Déjà une démission

13 février : une première démission forcée. Trois semaines après son arrivée au pouvoir, un premier scandale éclate qui vient relancer les doutes sur une trop grande proximité entre l'administration Trump et la Russie. Le 13 février, Michael Flynn, conseiller à la sécurité nationale du président est contraint à la démission. Il est mis en cause pour des contacts avec la Russie alors que le président Obama était encore en fonctions, ce qui est illégal.

Dans sa lettre de démission, Michael Flynn a reconnu avoir "par inadvertance trompé le vice-président élu (Mike Pence) et d'autres personnes avec des informations incomplètes sur (ses) discussions téléphoniques avec l'ambassadeur de Russie". Il aurait dit explicitement à l'ambassadeur russe que les sanctions décidées par Barack Obama - à la suite de piratages et autres interventions russes pendant la campagne présidentielle - ne dureraient pas longtemps, qu'elles seraient effacées par Donald Trump.

 

Et d'autres déclarations décriées...

16 février : La presse dans le viseur. Le magnat de l'immobilier s'était montré très virulent à l'encontre des médias pendant la campagne présidentielle. Mais la fonction de président n'a pas calmé ses ardeurs. Depuis son investiture, Donald Trump continue de cogner sur ceux qui "osent" le critiquer. Lors de sa première conférence de presse de la présidence, le 16 février, il a accusé la presse d'être "malhonnête". "Le niveau de malhonnêteté (des médias) est hors de contrôle", affirmait-il.

Deux jours plus tard, le président éreinte à nouveau les médias, qui avaient jugé sa conférence de presse décousue et son ton vindicatif. Il qualifie les grandes chaînes de télévision et le New York Times" d'ennemis des Américains" sur Twitter. "Les MEDIAS MENSONGERS (@nytimes en difficulté, @NBCNews, @ABC, @CBS, @CNN) ne sont pas mes ennemis, ce sont les ennemis des Américains", a-t-il écrit.

19 février : un attentat en Suède inventé. Lors d'un discours prononcé le 19 février où il devise sur la crise des réfugiés et l'insécurité dans le monde, Donald Trump se fait également remarquer par ses approximations. Son amateurisme est pointé du doigt. Sa bourde ? Le président a évoqué un attentat commis en Suède. "Regardez ce qui se passe en Allemagne, regardez ce qui s'est passé hier soir en Suède. La Suède, qui l'aurait cru ? La Suède. Ils ont accueilli beaucoup de réfugiés, et maintenant ils ont des problèmes comme ils ne l'auraient jamais pensé" a-t-il lancé. Or l'attentat n'a jamais eu lieu.  Mais les réactions, vives, dans le pays scandinave comme dans le monde, sont, elles, bien visibles sur les réseaux sociaux.