Un milliardaire au Parti communiste ?

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Un milliardaire au Parti communiste ?
@ Reuters
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La plus grosse fortune de Chine espère entrer dans les instances du PCC en 2012.

L'allégorie du capitalisme bientôt dans les instances du Parti communiste chinois ? L'homme le plus riche du pays, Liang Wengen, pourrait devenir le premier entrepreneur du secteur privé à accéder au comité central du PCC lors de son XVIIIe congrès à l'automne 2012.

Ce magnat de la construction est à la tête d'une fortune estimée à 9,3 milliards de dollars, soit 6,9 milliards d'euros. Une coquette somme qui lui a permis de prendre la tête du classement du magazine Forbesdes plus grosses fortunes de Chine en 2011. Président et co-fondateur du groupe de machine-outil Sany basé dans le Hunan, Liang Wengen a vu sa fortune exploser avec l'envolée de la construction en Chine qui a créé une immense demande de grues et d'excavatrices.

"Une admission de Liang au sein du Comité central serait un geste rassurant pour le secteur privé", a estimé Willy Lam, analyste de la Chine à la Chinese University à Hong Kong.

L'ouverture au privé depuis 2001

Si le milliardaire de 57 ans est accepté par le PCC, il intégrerait le comité central composé de quelque 200 des plus hauts responsables du parti dans tout le pays et de suppléants. Le puissant Département de l'organisation du PCC, qui contrôle notamment les recrutements, a terminé son évaluation de Liang parmi les candidats suppléants, a rapporté le China Times. Les suppléants ne peuvent pas voter et n'accèdent au statut de membres de plein droit qu'après le départ en retraite ou le décès d'un membre.

En 2001, Jiang Zemin alors à la tête du pays, avait ouvert les portes du Parti communiste chinois, pour la première fois, aux entrepreneurs privés. L'année suivante, le PCC avait commencé, lors de son 6e Congrès, à accepter que des membres du Parti travaillant dans le secteur privé deviennent des délégués provinciaux.

Mais si des chefs d'entreprise connus ont pu intégrer ses instances dirigeantes, comme les patrons de Haier (biens de consommation) ou de Sinopec (pétrole), ces entreprises sont généralement toujours contrôlées par l'Etat ou ont de forts liens avec le Parti.