Un médicament contre l’envie de boire

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Un médicament contre l’envie de boire
Il faudra attendre encore un peu avant de voir le Selincro commercialisé en France.@ MAX PPP
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Cette molécule, qui vient d’être autorisée en Europe, vise les addictions modérées à l’alcool.

>> L’INFO. Pour les personnes dépendantes à l’alcool, le Selincro représente un espoir. Ce médicament qui a reçu jeudi le feu vert de l’Agence européenne des médicaments permet en effet de réduire l’envie de boire. La molécule, conçue par un laboratoire finlandais, prive le cerveau du plaisir procuré par un verre d’alcool. Et coupe donc l’envie de boire le verre de plus, ce qui permet de quitter l’état de dépendance sans avoir à observer une abstinence stricte.

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Pour les addictions modérées. Le Selincro s’adresse donc plutôt aux addictions modérées, autour d’une dizaine de verres par jour, ce qui représente tout de même environ 4 millions de personnes en France. "Il y a beaucoup de gens qui ne voulaient pas se soigner pour leur problème d’alcool parce qu’on les emmerdait (sic) avec l’abstinence", souligne le Dr Philippe Jaury, addictologue, au micro d’Europe 1.

Pourquoi ça pourrait marcher ? La molécule en elle-même est déjà connue des médecins et utilisée "chez des patients dépendants aux opiacées", explique sur Europe 1 le Dr Philippe Batel, également addictologue. Ce qui est nouveau, c’est de l’utiliser pour viser la réduction de la consommation d’alcool et "essayer de gagner de la confiance chez le patient".

L’effet sur la consommation d’alcool peut être modeste, autour de 20%, selon l’étude ayant permis la mise sur le marché. Chez d’autres, l’effet peut être beaucoup plus élevé, de l’ordre de 50 à 80%, note le Dr Philippe Batel, ajoutant : plus "le patient prend confiance en lui, plus il sera à même d’accepter un projet d’abstinence", qui reste l'objectif final.

Pas encore en France. Le Selincro n’est toutefois pas un médicament miracle : pour l’instant, il n’a été testé que sur six mois. Il faudra aussi attendre un peu avant de le trouver dans les pharmacies françaises, puisque l’Agence française du médicament doit encore se prononcer. Un processus qui pourrait prendre de six à huit mois.