Un livre évoque de présumés abus sexuels au Vatican

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Un livre évoque de présumés abus sexuels au Vatican
Le journaliste italien Gianluigi Nuzzi (gauche) présente jeudi en Italie son livre sur les abus sexuels perpétrés au Vatican@ GABRIEL BOUYS / AFP
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Dans son livre enquête "Péché originel", un journaliste italien dénonce le combat d'un ancien pensionnaire du Vatican pour faire reconnaître les viols subis par son camarade de chambre.

Un livre enquête présenté jeudi en Italie évoque les tentatives infructueuses d'un jeune lanceur d'alerte pour dénoncer des abus sexuels dont aurait été victime son ancien camarade de chambre mineur, pensionnaire au cœur du Vatican.

Un spécialiste des révélations sur le Vatican. Dans Péché originel - dévoilé jeudi en Italie et paru mercredi en France - le journaliste italien Gianluigi Nuzzi poursuit son enquête sur les arcanes du Vatican, documents confidentiels à l'appui. Le journaliste, qui a été acquitté par la justice du Vatican en 2016 dans le procès dit "Vatileaks 2" après d'abondantes "fuites" de documents qu'il avait publiés, s'est fait une spécialité du passé sulfureux de la banque du Vatican et des résistances internes aux réformes impulsées par Benoît XVI et François.

Une lourde loi du silence. Son livre s'intéresse également à la disparition mystérieuse et toujours non-élucidée en 1983 d'une jeune femme, Emmanuela Orlandi, citoyenne de l'État du Vatican et fille d'un employé du petit État. Il jette aussi, dans son quatrième ouvrage, un nouveau pavé dans la mare sur une persistante loi du silence dans l'Église.

Des abus sexuels devant témoin. Dans un palais du Vatican, un séminariste majeur aurait abusé sexuellement d'au moins un lycéen de 17 ou 18 ans en 2011-2012, sous les yeux d'un témoin. Ce témoin polonais, Kamil Tadeusz Jarzembowksi, réside alors dans une institution installée dans la cité du Vatican et qui héberge des enfants et adolescents du monde entier envisageant de devenir prêtres. Les pensionnaires fréquentent une école privée dans le centre de Rome et participent comme "enfants de chœur" aux messes célébrées dans la basilique Saint-Pierre. Kamil y a vécu de 13 à 18 ans, jusqu'en 2014, mais il dit avoir été renvoyé avant la fin de sa scolarité après avoir tiré la sonnette d'alarme auprès d'autorités ecclésiales et vaticanes.

Un ancien élève menaçant. Selon lui, un ancien élève autorisé à rester dans le palais venait très souvent dans sa chambre, le soir venu, pour avoir des relations sexuelles avec son camarade de chambre, alors âgé de 17 ou 18 ans, qui "se sentait obligé de céder à ses exigences". Fort de la confiance de l'évêque recteur des lieux, le jeune homme exerçait "une forme de pouvoir et d'intimidation" sur les plus jeunes, en imposant "brimades ou actes sexuels" à un certain nombre de pensionnaires, affirme encore Kamil dans le livre de Gianluigi Nuzzi.

"Une vaste hypocrisie". "Je ne reproche pas à ces prêtres d'être homosexuels", déclare ce Polonais qui étudie aujourd'hui l'histoire de l'art et se dit lui-même gay. "Le problème est ailleurs et tout cela est une vaste hypocrisie : dans la journée, ces gens sont homophobes, la nuit ils se déchaînent dans des discothèques gays". Interrogé par l'AFP, le service de presse du Vatican n'a pas encore précisé si une enquête avait été ouverte sur ce cas.