Un Français sur la liste noire ivoirienne

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Un Français sur la liste noire ivoirienne
@ Montage MAXPPP STEFAN MEISEL
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Frédéric Lafont fait partie des 59 proches de Laurent Gbagbo visés par des sanctions européennes.

Face à l’enlisement de la crise ivoirienne, qui oppose Laurent Gbagbo à Alassane Ouattara, l’Union européenne a établi une liste de 59 personnes désormais interdites de visas en Europe pour leurs liens supposés avec le président ivoirien sortant.

Deux Français figurent sur cette liste, dont Frédéric Lafont, un ancien légionnaire reconverti en homme d’affaires. Ce dernier s’insurge contre ces sanctions et ne comprend pas pourquoi il est visé par les sanctions européennes.

“Absolument pas des proches de Laurent Gbagbo“

Frédéric Lafont, dont les sociétés emploient près de 4.000 personnes, gère notamment une société de sécurité privée et une compagnie aérienne. Mais à Abidjan, plusieurs sources l’accusent d’avoir transporté des armes pour les partisans du président sortant, enfreignant ainsi l’embargo qui vise le trafic d’armes en Côte d’Ivoire.

“Je commence à en avoir vraiment marre“, témoigne cet entrepreneur de 41 ans, qui dément toute proximité avec le camp de Laurent Gbagbo et explique qu’il “ne fait pas de politique“.

“On n’est absolument pas des proches de Laurent Gbagbo“, se justifie-t-il :

Des Français apatrides ?

La majorité des 59 personnes qui figurent sur la liste européenne sont des Ivoiriens. La plupart sont des membres du gouvernement de Laurent Gbagbo, du Conseil constitutionnel ou des responsables économiques et des médias.

Mais les deux Français visés se retrouvent dans une situation impossible, avec le risque de devenir apatrides, selon maitre Gilbert Collard, l’avocat de Frédéric Lafont. “Monsieur et madame Lafont ne peuvent plus rentrer en France alors qu’ils sont français. On est dans la folie la plus totale“, argumente-t-il.

Objectif : Faire vaciller le pouvoir

L'UE "espère qu'avec des sanctions ciblées, on pourra influer - non pas sur Gbagbo et son épouse, car on sait que ça n'aura pas d'effet - mais sur des éléments dans l'armée par exemple, en faisant vaciller le pouvoir", précise-t-il.

L'UE prépare également le gel des avoirs du clan Gbagbo, a confié un diplomate. Ces nouvelles sanctions européennes interviennent alors qu'Alassane Ouattara a donné à Laurent Gbagbo jusqu'à vendredi minuit pour quitter le pouvoir. Il a par ailleurs accusé, jeudi matin sur Europe 1, le président sortant d’avoir "du sang sur les mains".