Ukraine : "mon fils n'est pas mort pour rien"

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Ukraine : "mon fils n'est pas mort pour rien"
"Comme les policiers antiémeutes ne laissaient passer les ambulances, mon fils est mort avant d'arriver à l'hôpital".@ EUROPE1/Walid Berrissoul
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TÉMOIGNAGE E1 - Pour Katerina dont le fils a été tué par la police sur le Maïdan à Kiev ce scrutin a un sens particulier. 

Les Ukrainiens élisent ce dimanche leur nouveau président. Ce scrutin est un moment fort pour les familles de la centaine de "héros" tombés sous les balles de la police sur le Maïdan à Kiev il y a trois mois. L'envoyé spécial d'Europe1 en Ukraine, Walid Berrissoul, a rencontré la mère de Sergueï et l'épouse de Youri, tous deux tombés sous les balles il y a quelques semaines.

Katerina : "mon fils n'est pas mort pour rien parce que l'Ukraine s'est réveillée"

Sergueï est mort à 45 ans sur une barricade le 18 février 2014. Depuis, sa mère Katerina, 69 ans, vient se recueillir chaque semaine derrière l'hôtel Ukrainia, en haut du Maïdan. C'est là,  à quelques centaines de mètres de l'endroit où son fils est mort, que se trouve un petit mémorial improvisé pour "la centaine du ciel" comme on appelle les Ukrainiens tombés sous les balles de la police.

"Je lui disais : 'N'y va pas, reste à la maison, tu es le seul fils que j'ai'. Mais il me répondait : 'Maman, si je n'y vais pas, rien ne changera'", se souvient-elle à présent.

"Mon fils était sur une barricade, il a été blessé par une balle au bras, mais comme les policiers anti-émeutes ne laissaient passer les ambulances, il a perdu trop de sang et il est mort avant d'arriver à l'hôpital", raconte-telle.  

Alors que l'Ukraine s'apprête à élire un nouveau président, cette mère endeuillée veut croire que l'engagement de son fils n'a pas été vain. "Je crois bien qu'il serait fier de voir que l'Ukraine va vers le changement", confie-t-elle. "Mon fils n'est pas mort pour rien parce que l'Ukraine s'est réveillée", conclut-elle.

Svetlana : "mon mari est un héros pour moi, pas pour le pays"

Svetlana, veuve de Youri - tué lui aussi sur le Maïdan -  est, elle, d'un tout autre avis. "Mon mari est un héros pour moi, pas pour le pays", dit-elle. "Je ne veux pas d'une élection si elle coûte des vies humaines", poursuit-elle. "Ce que j'attends, c'est que le prochain gouvernement ne laisse plus jamais faire cela, qu'il n'y ait plus de mort pour des raisons pareilles".

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