Ukraine : les séparatistes annoncent 89% de "oui" pour l'indépendance

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Ukraine : les séparatistes annoncent 89% de "oui" pour l'indépendance
De nombreux ukrainiens se sont déplacés pour voter lors du référendum populaire dans l'est du pays.@ Reuters
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AUTO-DÉTERMINATION - Le référendum organisé par les séparatistes pro-russes dans l’est de l’Ukraine a été dénoncé par François Hollande.

Un scrutin contesté. Sans surprise, les organisateurs du référendum contesté sur l'indépendance de la région ukrainienne de Donetsk ont annoncé dimanche soir avoir obtenu un quasi-plébiscite de la population. "89,07% ont voté pour et 10,19% contre. Cela peut être considéré comme le résultat définitif", a déclaré Roman Liaguine, chef de la commission électorale mise en place par les rebelles. Et ce dernier d'ajouter que le taux de participation a atteint 74,87%.

96,2% des voix à Louhansk. Selon l'agence Ria, le "oui" l'a emporté avec 96,2% des voix dans la région de Louhansk, dans l'est de l'Ukraine. L'agence ajoute par ailleurs que les autorités locales vont demander aux Nations unies de reconnaître leur indépendance. 

Sept millions d'Ukrainiens appelés à voter. Deux régions et sept millions d’Ukrainiens étaient appelés aux urnes dimanche pour participer à un référendum non reconnu par la capitale, Kiev. Le but pour les habitants des provinces de Donetsk et Louhantsk, déterminer s’ils veulent ou non faire partie de l’Ukraine. Mais quelle que soit l’issue du scrutin, la situation n’en sera pas clarifiée pour autant.

"Aucun sens".  Ce que n'a pas tardé de souligner François Hollande, dimanche à son arrivée à Bakou pour une tournée dans le Caucase. Ces "vraies-fausses consultations" n'ont "aucun sens" et sont "nulles et non avenues", a déclaré le chef de l'État français devant la presse, affirmant que "la seule élection qui vaudra" sera l'élection présidentielle du 25 mai en Ukraine.



Scrutin contesté. En effet, la consultation est considérée comme illégale par le gouvernement de Kiev et par la communauté internationale. Outre l’aspect diplomatique, les conditions dans lesquelles le scrutin se déroule viennent questionner sa validité. Depuis plusieurs semaines, les séparatistes affrontent l’armée ukrainienne dans les rues de Slaviansk, ville concernée par le référendum.

Le résultat laisse peu de place au doute. De plus, dans les bureaux de vote, les bulletins, une fois jetés dans l'urne, étaient visibles de tous. De quoi mettre la pression sur les votants, ou bien décourager les opposants à la sécession. Sur les réseaux sociaux, de nombreux journalistes internationaux ont rapporté des dérives lors du scrutin. Le correspondant de la chaîne de télévision américaine ABC explique notamment qu'un journaliste russe n'aurait eu aucune difficulté à voter s'il l'avait voulu.



Le verdict du scrutin semblait laisser peu de doute aux séparatistes, l'un des chefs sécessionnistes ayant déjà déclaré à l'agence Interfax que les forces ukrainiennes seraient considérées comme occupantes à l'issue du vote.

Deux blessés. Le scrutin, qui s'est globalement déroulé dans le calme, a été émaillé de violences à Krasnoarmiïsk, une ville de 65.000 habitants située à l'ouest de Donetsk. Des hommes armés, vraisemblablement des milices pro-ukrainiennes, ont fait irruption dans les bâtiments officiels où se déroulait le référendum et l'ont interrompu. Selon un photographe de l'AFP présent sur place, ces derniers ont tiré sur la foule qui les invectivait et deux personnes ont été vues gisant sur le sol. Des images vidéos tournées pendant l'incident montrent les manifestants se dispersant alors que retentissent des coups de feu dont la provenance est impossible à déterminer.

Affrontements diplomatiques. Depuis plusieurs semaines, à l’approche de ce référendum, Moscou et Kiev se sont affrontés verbalement. Le Kremlin accusant Kiev de faire un déni de démocratie, et le gouvernement ukrainien accusant Moscou d’agir en sous-main par le biais de séparatistes pro-russes qui seraient en fait supportés matériellement par l’armée. 

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