Ukraine : l'Otan hausse le ton face à la Russie

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Ukraine : l'Otan hausse le ton face à la Russie
Le secrétaire général de l'Otan et le président ukrainien Petro Poroshenko se sont rencontré jeudi à Kiev.@ REUTERS/Mykola Lazarenko
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UKRAINE - Sur le front diplomatique et militaire, les tensions s’accentuent. Europe1.fr fait le point sur la situation. 

L'INFO. Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen a jugé jeudi que "la liberté et l'avenir de l'Ukraine" étaient menacés par l'insurrection séparatiste dans l'est qui bénéficie, selon lui, d'un soutien croissant de la Russie.  "Le soutien de la Russie aux séparatistes (...) s'est intensifié par son échelle et sa sophistication", a-t-il ajouté.



Le secrétaire général de l'Otan et le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk ont discuté jeudi d'un éventuel soutien de l'Alliance atlantique aux capacités militaires de l'Ukraine, selon un communiqué du gouvernement ukrainien. Un fonds de l'Otan pourrait être utilisé pour soutenir des secteurs tels que le commandement, les communications et la cyber-défense. 

La ville de Donetsk a été bombardée par les forces de Kiev.

© REUTERS/Sergei Karpukhin

Dans l'est, les combats se poursuivent. Cette réunion intervient sur fond de tensions croissantes. Des combats meurtriers ont gagné jeudi le centre de Donetsk, fief des séparatistes de l'Est de l'Ukraine. Pour la première fois, d'intenses bombardements ont touché le centre-ville, comme le montre cette vidéo :

Les autorités ont compté au moins quatre morts parmi les civils et demandé à la population de rester à l'abri. Un obus est tombé sur un hôpital, faisant un mort et deux blessés. L'armée ukrainienne, à l'offensive dans l'Est depuis près de quatre mois, cherche à isoler Donetsk du reste du territoire contrôlé par les insurgés, ainsi que de la frontière russe.

20.000 soldats russes. L'Otan, dont l'Ukraine n'est pas membre, estime que le nombre de soldats russes massés à la frontière ukrainienne est passé de 12.000 à la mi-juillet à 20.000 actuellement. Elle a dénoncé mercredi une "situation dangereuse", craignant que la Russie n'utilise "le prétexte d'une mission humanitaire ou de maintien de la paix pour envoyer des soldats dans l'Est de l'Ukraine".

Les experts internationaux dépêchés sur le site du crash quittent la zone.

© REUTERS/Valentyn Ogirenko

Le cessez-le-feu autour de la zone du crash du vol MH17 suspendu.  Le gouvernement ukrainien a par ailleurs décidé de suspendre le cessez-le-feu décrété autour du site du crash du vol MH17 en zone rebelle dans l'est, après l'arrêt des recherches des experts internationaux. 

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a annoncé mercredi soir la suspension jusqu'à nouvel ordre des recherches de dépouilles des victimes pour des raisons de sécurité. Des explosions et tirs retentissaient régulièrement à proximité pendant les recherches.

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Embargo agricole. Sur le front diplomatique aussi, les tensions s'accentuent. En riposte aux sanctions économiques prises contre la Russie après le crash du vol MH17, Vladimir Poutine a ordonné une "interdiction totale" d'une durée d'un an des importations de la plupart des produits alimentaires européens et américains. Il s'agit d'une décision "clairement politique", a répliqué Bruxelles, ajoutant qu'elle se "réserve le droit de prendre des mesures".

Moscou a par ailleurs menacé d'interdire le survol du territoire russe aux compagnies aériennes effectuant des liaisons entre l'Europe et l'Asie via la Sibérie, ce qui provoquerait des surcoûts en carburants.