Ukraine : "j'ai cru que l’avion allait tomber sur ma maison"

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Ukraine : "j'ai cru que l’avion allait tomber sur ma maison"
Europe1 a pu rencontrer les habitants de la zone du crash, dans l'est de l'Ukraine, des paysans pour la plupart, encore sous le choc de ce qu’ils ont vu.@ Reuters
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REPORTAGE - Europe 1 est allé à la rencontre des habitants de la zone du crash du MH17. Ils ont assisté, incrédules, à la chute de l'avion malaisien.

Ce sont quelques maisons en briques et en tôle, regroupées au milieu des champs de blé, dans l’est de l’Ukraine. C’est tout près de là, de l’autre côté d’un chemin de terre, que le Boeing 777 de la Malaysia Airlines  s’est écrasé, jeudi dernier. L'envoyé spécial d'Europe 1 a pu rencontrer les habitants de la zone, des paysans pour la plupart, encore sous le choc de ce qu’ils ont vu.

"J'ai vu un avion qui tombait, je ne savais pas d'où il venait, mais je pensais qu'il allait tomber sur ma maison", raconte ainsi Nadja, qui était assise sur son banc au moment du crash. "Mes voisins criaient ‘Couchez-vous, couchez-vous’. Puis l'avion s'est écrasé, et c'est là qu'il y a eu des flammes et beaucoup de fumée", se souvient-elle.

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"Ça devient de pire en pire ici". Depuis, les rebelles pro-russes patrouillent en permanence, kalachnikov en bandoulière. Mais les habitants paraissent habitués, car ils étaient déjà en zone de combat bien avant l’accident. "L'OTAN ou l'ONU devraient intervenir, et le plus vite possible, car ça devient de pire en pire ici", témoigne Sergueï.  "Je ne suis pour aucun des deux camps. Je veux juste que cette guerre s'arrête, ça suffit, c'est trop. Stop war (arrêtons la guerre)", renchérit cet habitant.

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Un ami à lui, qui n’a pas donné son nom, raconte pour sa part qu’il a voulu quitter la zone. En vain. "J'ai voulu partir en Russie mais sur la route, la voiture qui était devant nous a été shootée par un sniper ukrainien.  On a eu peur, alors on est revenus car avec ma femme de 19 ans, on a un bébé de 5 mois", raconte-t-il. Et lorsque les rebelles escortent les observateurs en gilet pare-balles, les habitants ne font désormais plus attention, et continuent de ramasser leur paille.