Ukraine : le convoi russe à la frontière mais aussi des chars

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Ukraine : le convoi russe à la frontière mais aussi des chars
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LE POINT - 11 civils ont été tués dans l’offensive de l’armée ukrainienne sur les séparatistes. Le convoi "humanitaire" russe est lui arrivé à la frontière.

La tension monte à Donetsk, chef-lieu des séparatistes prorusses en Ukraine. L’armée régulière a lancé une offensive sur la ville, et les civils commencent à payer un lourd tribut aux combats. Dans le même temps, le convoi "humanitaire" russe est arrivé à la frontière, où il est inspecté. Des mouvements de blindés russes près de la même frontière ont été observés.

Onze civils tués à Donetsk. "Onze civils ont été tués au cours des dernières 24 heures et huit blessés", a annoncé la mairie de Donetsk dans un communiqué, alors que des de tirs massifs à l'arme lourde ont été entendus jusque dans le centre-ville. Jeudi, les combats ont gagné dans la journée le coeur de Donetsk, bastion des rebelles qui comptait un million d'habitants avant les hostilités, ont constaté des journalistes de l'AFP. D'intenses tirs à l'arme lourde ont touché jeudi plusieurs bâtiments dont le siège du parquet occupé par les insurgés et une université.

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La route du convoi russe coupée. Un porte-parole militaire ukrainien a par ailleurs annoncé la reprise aux séparatistes de trois localités dans l'est du pays : Oleksandrivské et Boulanivské, à 47 km au nord-est de Donetsk, et Tchornoukhiné, à 65 km au nord-ouest de Lougansk. Surtout, l'armée ukrainienne a repris jeudi le contrôle de la route entre le bastion insurgé de Lougansk et la frontière russe, coupant ainsi l'itinéraire qu'est censé emprunter le convoi humanitaire envoyé par Moscou, que l'Ukraine et de nombreux pays occidentaux soupçonnent de servir de couverture à une intervention russe.

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Le convoi russe inspecté. Les quelque 300 camions du convoi humanitaire russe, peints en blanc, sont arrivés vendredi matin au poste-frontière de Donetsk. Les douaniers et gardes-frontières ukrainiens ont commencé vendredi à inspecter les véhicules. "L'inspection a commencé à 10 heures. Du côté ukrainien y participent 59 représentants, soit 41 gardes-frontières et 18 douaniers. La cargaison se dirigera ensuite vers Lougansk", a précisé un porte-parole militaire ukrainien Léonid Matioukhine.

Des blindés russes aperçus à la frontière, voire au-delà. Dans le même temps, des blindés russes faisaient mouvement dans le sud de la Russie à proximité de la frontière avec l'Ukraine, précisément près de l'endroit où sont stationnés les véhicules. Selon des journalistes sur place des quotidiens britanniques Guardian et Telegraph, 23 véhicules blindés de transports de troupes, des camions à essence et d'autres véhicules logistiques portant des immatriculations militaires russes auraient même traversé la frontière, la veille peu avant 22H00 locales. "Une colonne militaire russe a franchi la frontière depuis le poste-frontière Izvariné", a déclaré vendredi midi Olexiï Dmytrachkivski, un porte-parole de l'opération militaire ukrainienne dans l'Est. "Nous ne disposons pas d'informations sur le nombre de véhicules dans ce convoi", a-t-il ajouté.

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Démissions en série chez les séparatistes. Preuve que la confiance se fissure du côté des séparatistes, des démissions ont été annoncées jeudi. Le principal chef rebelle, le Russe Igor Strelkov, "ministre de la Défense" des séparatistes, a ainsi démissionné de son poste en raison d'un "changement de fonction", selon le site officiel de la république populaire de Donetsk autoproclamée, qui n'a pas précisé à quel poste il serait affecté.

Un peu plus tôt jeudi, le chef séparatiste de Lougansk, Valéri Bolotov, avait également déclaré à la télévision russe qu'il quittait ses fonctions "provisoirement" en raison "de blessures" datant du mois de mai. La semaine dernière, c'était le "Premier ministre" de Donetsk, le Russe Alexandre Borodaï, qui avait donné sa démission.

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L'Union européenne s'inquiète. Plusieurs ministres européens des Affaires Etrangères, réunis vendredi à Bruxelles, ont mis en garde la Russie contre toute incursion militaire en Ukraine, en réaction aux informations faisant état de l'entrée de blindés russes en Ukraine. Pour le ministre britannique des Affaires Etrangères, Philip Hammond, "c'est une situation potentiellement très dangereuse".  "Il s'agit d'une violation majeure" du droit international, a pour sa part lancé son homologue suédois, Carl Bildt. Les ministres sont vendredi à Bruxelles pour une réunion d'urgence afin de manifester le soutien européen aux Irakiens combattant l'Etat islamique et aussi faire le point sur la crise en Ukraine.