Ukraine : 7 pays suspendent leurs préparatifs du G8

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Ukraine : 7 pays suspendent leurs préparatifs du G8
@ REUTERS/Carlo Allegri
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L'ESSENTIEL - La communauté fait pression pour trouver une voie diplomatique au conflit. Poutine serait ouvert au dialogue, mais les Russes contrôlent la Crimée.

LES PRINCIPALES INFOS DU JOUR

- Poutine a accepté la proposition de Merkel d'"entamer un dialogue"

- Le G8 de Sotchi devient l'arme de pression diplomatique.

- L'Otan réclame une solution diplomatique.

- Des soldats pro-russes contrôlent des stocks d'armes.

- L'Ukraine mobilise l'ensemble de ses réservistes.

LES ÉVÉNEMENTS DE CE DIMANCHE

Les préparatifs du G8 suspendus. Le communiqué a été diffusé dans la nuit : sept pays du G8 ont "décidé pour l'instant de suspendre [leur] participation aux activités liées au préparatifs du sommet du G8 prévu à Sotchi en juin". La raison ? "les actes de la Russie en Ukraine vont à l'encontre des principes et des valeurs qui guident le G7 et le G8". Invité dimanche du Grand Rendez-vous Europe 1 - iTélé - Le Monde, Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, avait déjà indiqué que l'Elysée ne participait plus aux réunions préparatoires.



Fabius: "La préparation du G8 à Sotchi est...par Europe1fr

"Agression à la soviétique". Le ministre canadien des Affaires étrangères John Baird a qualifié l'intervention militaire russe en Ukraine d'"agression à la soviétique". "Ce n'est rien de moins qu'une agression à la soviétique du président Poutine qui envahit un pays voisin", a fustigé le ministre, en la condamnant avec la plus grande fermeté dans une interview à la chaîne de télévision Global News. Le chef de la diplomatie canadienne a expliqué "vouloir forcer le président Poutine a arrêter cette agression", mais souligne qu'il "ne pense pas que quiconque parle d'intervention militaire occidentale, aucun de nos amis ni nos alliés".

Medvedev ne veut pas une nouvelle révolution. Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a mis en garde dimanche contre une nouvelle révolution en Ukraine et un nouveau bain de sang.

Kerry au chevet de Kiev. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry se rendra mardi à Kiev, afin d'afficher le soutien politique et économique de Washington aux nouvelles autorités ukrainiennes, a déclaré dimanche un haut responsable américain. Un responsable américain a également reconnu que les Russes avaient achevé le contrôle opérationnel de la Crimée. Washington a annulé des réunions économiques avec la Russie.

Poutine droit dans ses bottes... Vladimir Poutine a justifié les mesures prises par Moscou sur le dossier ukrainien auprès d'Angela Merkel. Le président russe les a jugées totalement appropriées étant donné la "situation extraordinaire" qui prévaut dans l'ex-république soviétique. , rapporte le Kremlin. Selon le président russe, la communauté russe et russophone d'Ukraine est menacée par les ultranationalistes ukrainiens.

... mais pas complètement fermé au dialogue. Vladimir Poutine a tout de même accepté une proposition d'Angela Merkel sur la création d'un "groupe de contact" pour entamer "un dialogue politique" sur l'Ukraine, a indiqué dimanche le gouvernement allemand, après l'entretien téléphonique de la chancelière allemande avec le président russe.

L'Ukraine fait face à des désertions. Le commandant en chef de la marine annonce qu'il prête allégeance aux autorités pro-russes de Crimée. La flotte ukrainienne composée de dix navires de guerre stationnés dans le port de Sébastopol en Crimée était jusque là restée loyale au nouveau gouvernement de Kiev.

Manifestations contre Poutine à Varsovie et Londres. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant les ambassades de Russie à Varsovie et à Londres pour protester contre l'intervention russe en Crimée. A Varsovie, les manifestants, agitant des drapeaux polonais, ukrainiens, européens et bélarusses, ont brandi des pancartes comparant le chef de l'Etat russe Vladimir Poutine à Hitler ou Staline et crié : "Touchez pas à l'Ukraine", "Touchez pas à la Crimée", "l'Ukraine libre".



A Londres, quelques centaines de manifestants, contenus derrière des barrières, ont brandi des drapeaux ukrainiens et syriens et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : "Pas de Guerre", "Libérez l'Ukraine", "Poutine, Touche pas à l'Ukraine", "Il faut Agir, Poutine n'écoute pas" ou "Poutine, marchand de guerre". Certains criaient "Poutine est un meurtrier" ou "arrêtez l'occupation". Aucun débordement n'a eu lieu, selon la police.



Les USA brandissent l'arme économique. Kerry s'interroge à son tour sur la place de la Russie au G8. Le secrétaire d'Etat américain a brandi la menace d'un isolement économique, si Moscou persistait dans son "incroyable acte d'agression" contre l'Ukraine.

La Pologne s'inquiète du risque d'escalade. "La seule méthode pour arrêter la Russie et en même temps pour éviter des conflits dramatiques dans cette partie du monde, c'est une pression ferme et une intransigeance de l'Europe, des Etats-Unis et du Canada", a déclaré le Premier ministre polonais Donald Tusk aux journalistes. "Il faut aujourd'hui une politique calme, équilibrée mais aussi ferme et communautaire face à la Russie, basée sur un désapprobation de ce genre d'actions et d'annonces de Moscou. Ceci pour éviter un conflit de grande envergure", a insisté M. Tusk..

L'Ukraine sur le pied de guerre. L'Ukraine est "au bord du désastre". Le Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, reproche à la Russie de lui avoir "déclaré la guerre". "C'est l'alerte rouge. Ce n'est pas une menace, c'est en fait une déclaration de guerre à mon pays", a-t-il déclaré. Kiev mobilise donc l'ensemble de ses réservistes, annonce le Conseil de sécurité nationale qui s'est réuni pour la première fois samedi. Par ailleurs, l'espace aérien de la totalité de l'Ukraine a été fermé. Seuls les avions et hélicoptères militaires sont autorisés à voler.

La Russie place ses pions. Dimanche, les militaires russes basés en Crimée ont saisis des armes dans une base, a indiqué l'agence russe Interfax. Ils ont poussé le pesronnel du site de prendre le parti des dirigeants "légitimes" de Crimée. Dans un autre centre de formation de la marine ukrainienne, à Sébastopol, des militaires ont confisqué des armes. Une unité des gardes-côtes ukrainiens est bloquée par mille hommes armés, selon le ministère ukrainien de la Défense.

Selon la BBC, des soldats russes creusent des tranchées à la limite entre la Crimée et le reste de l'Ukraine.



Les militaires haussent le ton. L'OTAN, qui tenait une réunion d'urgence à Bruxelles, a déclaré que la Russie "menace la paix et la sécurité en Europe". L'organisation, qui regroupe 28 membres, dont les Etats-Unis, le Canada et la quasi-totalité des pays de l'Union européenne, demande à Moscou de "cesser ses activités militaires et ses menaces". Voisine de l'Ukraine, la Pologne, dont les relations avec la Russie sont depuis longtemps compliquées, avait demandé une réunion d'urgence de l'OTAN.

Ambiance à Simféropol. Les rues de la capitale de la Crimée ont été le théâtre de mouvement de troupes très tôt dans la matinée. Des véhicules militaires ont traversé la ville, a constaté l'envoyé spécial d'Europe 1 à Simféropol, Walid Berrissoul. Mais les habitants de la ville vivent calmement leur dimanche matin, comme si de rien était.



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