Tweeter, c'est "saboter"

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Tweeter, c'est "saboter"
Gilberto Martinez Vera, alias @Gilius_22, est professeur de mathématiques@ Capture
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Deux Mexicains ont créé la panique à Veracruz en relayant une rumeur sur le site de microblogging.

Twitterroristes. Gilberto Martinez Vera et Maria de Jesus Bravo Pagola risquent 30 de réclusion  pour avoir relayé une rumeur sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter, raconte le Huffington Post. Ces deux mexicains sont accusés de terrorisme et sabotage pour avoir annoncé à tort que deux écoles avaient été attaquées par des hommes armés.

Tout commence le 25 août à Veracruz, une petite ville du golfe de Mexico. Giberto Martinez Vera, professeur de mathématiques dans le privé, poste ce message sur son compte Twitter @gilius_22 : "Je confirme, à l'école Jorge Arroyo du quartier Carranza ont été kidnappé 5 enfants, groupe armé, psychose totale dans la zone". Gilberto Martinez Vera dit tenir cette information de sa belle-soeur mais donner plus de précisions.

"Ma belle-sœur vient de m’appeler désespérée, ils viennent de kidnapper cinq enfants de l’école. Je ne sais pas à quelle heure c’est arrivé, mais c’est véridique", écrit-il.

Quelques minutes plus tard, l'animatrice radio Maria de Jesus Bravo Pagola  alias @maruchibravo relaie une information similaire, à quelques détails près. "Aujourd'hui à l'école primaire Adalberto Tejeda à l'heure de la récré un hélicoptère a ouvert le feu sur la cour remplie d'enfants."

La femme de 34 ans, elle, s'est contentée de relayer l'information d'un autre utilisateur du site de microbloging.

"Ils avaient l'intention de provoquer des troubles à la vie sociale, économique et éducative de l'État", a estimé le ministère public de l'Etat :

Ecole, enfants, kidnapping...Tous les ingrédients sont réunis pour semer la panique. Et c'est peu dire. Persuadés que leur progéniture était véritablement en danger, les parents se sont rués dans les écoles en question provoquant vingt-six accidents de la route, abandonnant leurs véhicules sur la chaussée, engorgeant les lignes téléphoniques... Un chaos proche de celui provoqué par Orson Welles le 30 octobre 1938 avec l'annonce de l'arrivée des martiens, a estimé le secrétaire à l’Intérieur de l’Etat de Veracruz, Gerardo Buganza.

La guerre des monde a commencé :


"Détenus au secret pendant plus de 60 heures", rapporte Amnesty international, Gilberto Martinez Vera et Maria de Jesus Bravo Pagola ont reconnu "devant le procureur avoir fait circuler de fausses informations, mais ils n'ont pas été autorisés à contacter leurs avocats". L'ONG précise que les deux internautes avaient été victimes de "mauvais traitements et de coercition".

"Même si l’information diffusée par ces deux personnes a pu sembler douteuse voire exagéré, poursuivre des utilisateurs des réseaux sociaux pour des actes de terrorisme constitue un excès procédurier", a estimé de son côté Reporters sans frontières.

Une pétition a d'ores et déjà été lancé sur Facebook et plus largement sur la toile par un groupe de soutien d'internautes. "Yo también soy TwitTerrorista", Moi aussi je suis un TwitTerroriste, a ainsi lancé une pétition pour réclamer leur libération immédiate et l'abandon des poursuites.