Turquie : le chef de l'opposition poursuit sa "marche" malgré Erdogan

Kemal Kiliçdaroglu a affirmé qu'il poursuivrait la "marche pour la justice" pour protester contre l'incarcération d'un élu de sa formation.
Kemal Kiliçdaroglu a affirmé qu'il poursuivrait la "marche pour la justice" pour protester contre l'incarcération d'un élu de sa formation. © AFP
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avec AFP , modifié à
Kemal Kiliçdaroglu a affirmé qu'il poursuivrait la "marche pour la justice" pour protester contre l'incarcération d'un élu de sa formation. 

Le chef de l'opposition turque a affirmé dimanche qu'il poursuivrait la "marche pour la justice" qu'il a entamée d'Ankara à Istanbul pour protester contre l'incarcération d'un élu de sa formation, malgré les mises en garde du président Erdogan.

Kemal Kiliçdaroglu, chef du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), a entamé une marche de 450 km de la capitale turque jusqu'à Istanbul pour protester contre l'incarcération du député Enis Berberoglu. Ce dernier a été condamné mercredi à 25 ans de prison après avoir été reconnu coupable d'avoir fourni au quotidien d'opposition Cumhuriyet des informations confidentielles.

Quatre jours de marche. Dimanche, Kemal Kiliçdaroglu, 68 ans, en était à son quatrième jour de cette marche qui doit lui prendre environ un mois et s'achever devant la prison d'Istanbul où est détenu Enis Berberoglu. Mais Recep Tayyip Erdogan a jugé samedi que l'action du chef de l'opposition "n'apportait pas la justice". Et de le mettre en garde: "si les autorités judiciaires vous convoquent demain quelque part, ne soyez pas surpris". Kemal Kiliçdaroglu lui a rétorqué qu'il ne cèderait pas à "la provocation". "Ils veulent nous menacer en évoquant les tribunaux et il (Erdogan, ndlr) en appelle aux juges et aux procureurs", a-t-il dit, selon des propos cités par son parti, le CHP. "Nous marchons pour la justice, et non contre la justice", a-t-il encore lancé.

Pouvoirs du président renforcés. La tension politique est encore montée d'un cran en Turquie depuis l'adoption par référendum le 16 avril d'une réforme constitutionnelle qui confère au président des pouvoirs largement renforcés. L'opposition accuse Recep Tayyip Erdogan de dérive autoritaire. De son côté, Kemal Kiliçdaroglu assimile à un "deuxième coup d'Etat" les purges menées par le pouvoir depuis le putsch avorté du 15 juillet dernier. Après ce coup manqué, le gouvernement a imposé l'état d'urgence et mené sous ce régime d'exception de vastes purges qui se sont traduites par l'arrestation de plus de 50.000 personnes et le limogeage ou la suspension de plus de 100.000 autres.