Turquie : la possibilité d'un boycott ?

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Turquie : la possibilité d'un boycott ?
Près de 12 milliards d'euros seraient échangés entre la France et la Turquie chaque année@ Maxppp
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Si un embargo des produits français en Turquie est impossible, le boycott lui l’est moins.

Son poids est loin d'être négligeable. Au fil des années, la Turquie est devenue le cinquième partenaire économique de la France, hors Union européenne et devant le Japon. La Turquie revendique 12 milliards d'euros d'échanges annuels avec l'hexagone. Du côté des entreprises, la menace de représailles n'est donc pas prise à la légère après l'adoption du texte réprimant la négation du génocide arménien en France.

"C'est le sentiment d'un gâchis surtout que depuis quelques mois on était arrivés à avoir des relations qui étaient enfin positives", déplore Stéphane Salvetat, secrétaire général  de la chambre de commerce franco-turque sur Europe 1.

"La manière dont la France essaye de bloquer la Turquie pour son entrée dans l’Union européenne, ça commençait à s’estomper, ça commençait à être expliqué. La France commençait à lâcher un peu de lest et là, ça va bloquer à nouveau", poursuit-il.

Un embargo est-il possible ? Impossible estime Stéphane Salvetat. "La Turquie appartenant à l’OMC, je ne pense pas que cela puisse exister", affirme le secrétaire général de la chambre de commerce franco-turque. La règle de base de l’OMC est en effet la non discrimination vis-à-vis de tous ses membres.

Un millier d'entreprises commercent avec la Turquie, notamment celles qui vivent des commandes publiques, comme Alstom, Areva, Aibus ou Eurocopter. "Il n'y aura pas de mesures de rétorsions parce que ce n’est pas possible. Mais le choix n’ira pas à son terme pour les sociétés françaises", insiste Stéphane Salvetat.

Le boycott ? Les produits français pourraient être boudés par les consommateurs dans le domaine du luxe ou du textile. "En revanche, pour les produits de consommation courante, les produits dont les Turcs ne connaissent pas l’origine, ça ne devrait pas poser trop de problèmes", souligne Stéphane Salvetat.