Tsipras "assume le texte signé pour éviter le désastre"

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Tsipras "assume le texte signé pour éviter le désastre"
@ AFP
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Le Premier ministre grec a reconnu mardi soir que l'accord avec les créanciers pour un troisième plan d'aide financière était un texte auquel "il ne croit pas".

C'est une forme de désaveu pour Alexis Tsipras. Le Premier ministre grec a appelé mardi le Parlement à voter en faveur de l'accord conclu lundi à Bruxelles. Alexis Tsipras a expliqué que même s'il s'agissait d'un mauvais accord imposé par la force à la Grèce, c'était le seul moyen de maintenir le pays dans la zone euro.

"Contraint de signer le texte pour éviter le désastre". "J'assume totalement mes responsabilités, pour mes fautes et mes erreurs de jugement, et pour avoir signé un texte auquel je ne crois pas mais que je suis contraint de mettre en œuvre pour éviter le désastre", a déclaré le chef du gouvernement à la télévision publique. Faisant valoir que les efforts budgétaires exigés par les créanciers valent mieux que de nouvelles coupes drastiques, il a souligné que la Grèce n'avait pas d'autre choix que de mener les réformes prévues pour écarter définitivement le spectre d'un "Grexit".

"Nous nous sommes battus". "Nous nous sommes battus pour ne pas avoir à baisser les salaires et les retraites", a insisté Alexis Tsipras, qui doit calmer la fronde de l'aile la plus gauche de son parti, Syriza, dont plusieurs dizaines de députés pourraient voter mercredi contre le texte. Le Premier ministre a déclaré par ailleurs "vouloir faire tout ce qu'il peut pour garantir l'unité du parti". "Je suis sûr que certains se seraient réjouis si ce gouvernement était une parenthèse (politique)", a déclaré Alexis Tsipras. "C'est une grande responsabilité de ne pas plier", a-t-il ajouté.

Les banques pourraient rester fermer encore au moins un mois. "La triste vérité, c'est qu'on nous a imposé cette voie à sens unique". Alexis Tsipras s'est montré particulièrement virulent envers les créanciers, dont il a déploré le "ton vindicatif" après le référendum et dont il a estimé que l'intransigeance avait "envoyé comme message qu'il est inutile d'organiser des élections dans les pays sous assistance financière".

Alexis Tsipras a par ailleurs laissé entendre que les banques du pays, fermées depuis le 29 juin, allaient le rester encore un bon moment : "L'ouverture des banques dépend de l'accord final qui n'aura pas lieu avant un mois", a-t-il dit, pour éviter que les Grecs aillent retirer tout leur argent. Mais il a espéré que la BCE augmente l'ELA (l'aide d'urgence aux banques) donc "il y aura la possibilité de retirer plus".