Trump, "symptôme d'un épuisement du système politique", selon Yannick Mireur

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"Aux Etats-Unis, ils sont un petit peu comme nous, au bord d'une crise profonde de direction, de vision et d'unité du pays", contextualise le politologue. 

Les délégués de la convention d'investiture républicaine ont formellement désigné Donald Trump comme candidat à la Maison-Blanche mardi à Cleveland. "Un phénomène absolument déroutant", observe Yannick Mireur, politologue et spécialiste des Etats Unis, invité d'Europe 1 mercredi. Aux yeux du fondateur de la revue Politique américaine, l'excentrique milliardaire incarne "un candidat de rupture", symptomatique "d'une incapacité des leaders politiques républicains en particulier à apporter des solutions, un langage, une vision". 

Plusieurs incidents pendant la convention. La convention républicaine de Cleveland a été marquée par des incidents, jusqu'au dernier moment. Des délégués anti-Trump ont notamment réclamé un vote en faveur des candidats indépendants. "Il n'est pas le candidat de tous les Républicains", appuie Yannick Mireur. "Il y a eu une tentative de changer les règles du vote, c'est à dire de modifier les affiliations préalables des délégués à leurs Etats pour au moins manifester le fait que Donald Trump n'est pas le candidat unanime", explique-t-il. 

Une symptomatique candidature de rupture. "Aux Etats-Unis, ils sont un petit peu comme nous, au bord d'une crise profonde de direction, de vision et d'unité du pays. On le voit par exemple avec les tensions raciales et les assassinats de policiers", contextualise le politologue. Pour lui, Donald Trump "est un symptôme d'un épuisement du système politique, et d'une incapacité des leaders politiques républicains en particulier à apporter des solutions, un langage, une vision". "Le système aux Etats-Unis, est usé. Donc il faut une rupture. En même temps, on voit bien que la candidate qui incarne la continuité, Hillary Clinton, n'inspire pas beaucoup d'enthousiasme", reconnaît  le spécialiste.

De clown à président... un pas seulement ? Est-ce que celui que les médias ont longtemps moqué et présenté comme un clown peut devenir demain le président de la première puissance mondiale ? "Oui tout à fait", acquiesce Yannick Mireur. "Il y a une chance sur deux, même si tous les sondages donnent quand même une avance de quelques points à Hillary Clinton".