Trump et l'arme nucléaire : Clinton joue la carte de la peur

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Pour contrer les attaques de Trump sur l'affaire des e-mails, Hillary Clinton joue sur la peur qu'inspire son concurrent qui pourrait se retrouver à la tête de l'arsenal nucléaire américain.

REPORTAGE

Il y avait de quoi frissonner, lundi soir, lors du meeting d'Hillary Clinton dans l'Ohio. En moins d’une demi-heure, les mots "armes nucléaires" ont été prononcés une vingtaine de fois. La candidate démocrate, empêtrée dans l'affaire de ses e-mails, a choisi de répliquer en attaquant Donald Trump sur son incapacité à garder son sang-froid quant à l'usage de l'arsenal nucléaire américain.

"Quand le président ordonne, c'est fini". Hillary Clinton a commencé par souhaiter à tout le monde un "joyeux Halloween" avant d’inviter le public à imaginer Donald Trump dans le bureau ovale, totalement imprévisible face au bouton rouge. "On l'a vu dans cette campagne, quand il s'agit de gérer une crise, Donald Trump perd son sang-froid à la moindre provocation", a-t-elle dénoncé. La candidate démocrate a mis en garde : "Quand le président ordonne, c’est fini. Les officiers n’ont aucun autre choix que de tirer. Et ça ne prend que quatre minutes". 

Champignons atomiques contre emails. Des images de champignons atomiques passent en boucle depuis hier sur les télévisions américaines. L'équipe de campagne de Hillary Clinton a repris une vieille publicité des années 60, en pleine guerre froide, pour dénoncer le péril Trump. "Effrayant", reconnaissent des jeunes électeurs indécis, mais pas suffisant pour les convaincre. "Ce qui m’ennuie avec Hillary, c’est qu’il y a toutes ses activités criminelles qui lui tournent autour et j’ai encore du mal à lui faire confiance", confie une jeune femme. "Elle fait vraiment diversion. Moi, je veux une explication, qu’elle nous montre qu’elle est responsable de ses actes", exige un autre.

Mais à la tribune lundi soir, Hillary Clinton a d’emblée évacué la question de ses e-mails. "Il n’y a pas d’affaire", a-t-elle clamé. À voir ces nouvelles passes d'armes particulièrement musclées entre les deux candidats à la Maison-Blanche, le ton est nettement plus tendu qu’il y a encore quelques semaines.