James Gillespie : "Trump a su mobiliser le sentiment de frustration des Américains"

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Sur Europe 1, James Gillespie, président de l'association "Republicans Overseas France", a réagi à la probable investiture de Donald Trump, vainqueur mardi des primaires républicaines dans l'Indiana.

INTERVIEW

Il a déjoué tous les pronostics : à moins d'un coup de théâtre, le milliardaire populiste Donald Trump sera le candidat républicain désigné pour la présidentielle américaine, en novembre prochain. Donald Trump a en effet remporté 53% des voix républicaines à la primaire de l'Indiana mardi, contre le sénateur du Texas Ted Cruz (37%), qui a annoncé dans la foulée son retrait surprise de la course. "C’est une année politique complètement extraordinaire. Je pense que beaucoup de gens ont dû changer leurs pronostics ces derniers temps", réagit sur Europe 1 James Gillespie, président de l'association "Republicans Overseas France".

"Une frustration profonde". Au terme de dix mois et demi de campagne, Donald Trump a donc éliminé quinze candidats plus qualifiés les uns que les autres, des gouverneurs, sénateurs et chefs d'entreprise, dont les compétences n'ont pu rivaliser avec ce qui a justement fait le succès de l'homme d'affaires : son absence totale d'expérience politique, le New-Yorkais de 69 ans n'ayant jamais exercé de mandat électoral. "Mais plus important, Trump a su mobiliser le sentiment de frustration de la population américaine, une frustration profonde, avec une économie américaine extrêmement morose et une politique étrangère du régime Obama complètement catastrophique ces derniers temps", analyse James-Gillespie.

Entendu sur Europe 1
Trump a la possibilité de solliciter les votes des démocrates désillusionnés

Iconoclaste, parfois xénophobe et misogyne, Donald Trump n’a pourtant cessé de se muer en candidat de plus en plus crédible, tant il semble soutenu par les électeurs. "Chaque candidat a dit des choses qu’il va éventuellement devoir corriger dans le temps, mais ce qui va être important, c’est que Donald Trump a vraiment la possibilité, peut-être plus que les autres candidats républicains qu’on a vu ces derniers temps, de solliciter les votes des démocrates désillusionnés", croit savoir James Gillespie.

"Sa campagne se base sur des gens qui ne sont pas forcément impliqués dans la politique". "Depuis au moins quinze ans, les élections américaines se sont concentrées sur la mobilisation des plus convaincus. La campagne de Trump va être parmi les premières à se baser sur la mobilisation des gens qui ne sont pas forcément dans son propre camp et qui ne sont pas forcément impliqués dans la politique de manière générale. Le nombre de personnes qui ont participé aux primaires républicaines est 50% plus élevé que lors des primaires en 2012. Côté démocrates, c’est à peu près 25% de moins qu’en 2008. C’est un point très prometteur pour les républicains et extrêmement inquiétant pour les démocrates", conclut-il.