Traité de Lisbonne : Prague obtient gain de cause

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Traité de Lisbonne : Prague obtient gain de cause
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Les dirigeants des pays de l'UE ont accepté jeudi la dérogation que la République tchèque réclamait pour ratifier le texte.

L’un des derniers obstacles à l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne a été levé jeudi soir. Les dirigeants des pays de l’Union européenne ont en effet accepté d'accorder à la République tchèque la dérogation qu'elle demandait pour ratifier le texte. "Le texte (réclamé par le président eurosceptique tchèque Vaclav Klaus) a été approuvé tel qu'il avait été proposé par la Suède", qui préside l'Union européenne, a indiqué un porte-parole du gouvernement tchèque, Roman Prorok.

Le très eurosceptique Vaclav Klaus réclamait que son pays bénéficie d'une dérogation à la Charte européenne des droits fondamentaux, afin d'empêcher que les Allemands des Sudètes expulsés en 1945 puissent obtenir réparation. Selon un diplomate européen, Prague a obtenu ce que M. Klaus demandait, à savoir le même type de dérogation que celle obtenue en 2007 par la Grande-Bretagne et la Pologne pour d'autres raisons.

Le président tchèque a confirmé qu’il ne s’opposerait plus à la ratification du traité de Lisbonne. "Je n'entends plus poser de conditions supplémentaires à la ratification", a-t-il déclaré dans un communiqué publié à Prague. "Je considère le résultat obtenu (jeudi lors du Conseil européen à Bruxelles) comme le maximum possible", Or la République tchèque était le dernier des 27 pays membres de l’Union à n’avoir pas achevé le processus de ratification. Ne reste désormais quelques détails à régler, avant que la voie ne soit totalement libre pour son entrée en vigueur prochaine.

Le traité de Lisbonne doit donner le jour au premier poste de président stable de l'Union européenne, un poste convoité notamment par le Britannique Tony Blair et le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Le texte prévoit aussi un Haut représentant aux Affaires étrangères de l'UE, aux prérogatives renforcées. La mise en oeuvre du traité de Lisbonne, héritier du projet mort-né en 2005 de constitution européenne, mettrait enfin un terme à l'incertitude institutionnelle qui prévaut en Europe depuis une dizaine d'années.