Traité de Lisbonne : le président tchèque pose ses conditions

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Traité de Lisbonne : le président tchèque pose ses conditions
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L’eurosceptique Vaclav Klaus a prévenu qu’il ne ratifierait le traité de Lisbonne qu’en échange d’engagements de la part de l'UE.

La République tchèque restera donc comme le dernier pays à faire obstacle à la ratification du traité de Lisbonne. Alors que l’Irlande, par voie référendaire,a dit "oui" vendredi dernier, alors que le président polonais Lech Kaczynski a lui signé l’acte de ratification ce samedi, suivant ainsi l’avis de son Parlement, Prague fait toujours de la résistance.

Il faut dire que le président tchèque, Vaclav Klaus, n’a jamais caché son euroscepticisme. L’hôte du château de Prague en a donné une nouvelle preuve vendredi, en posant ses conditions à l’Union européenne pour enfin apposer sa signature, indispensable pour la ratification, en bas du document.

Les exigences de Vaclav Klaus portent sur les revendications foncières liées aux années de guerre et sur la préservation de la souveraineté de son appareil judiciaire. Vaclav Klaus souhaite négocier une dérogation concernant les biens confisqués à quelque trois millions d’Allemands des Sudètes au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Le président tchèque craint que la Traité de Lisbonne ne permette de contourner la loi tchèque relative à ce sujet.

La République tchèque ne serait pas le premier pays à obtenir une dérogation sur ce Traité de Lisbonne, signé en décembre 2007. La Grande-Bretagne a ainsi refusé qu'on lui impose de l'extérieur des mesures telles qu'une définition élargie du droit de grève, sujet qui avait donné lieu à d'âpres dissensions parmi les travaillistes dans les années 1980.

La Pologne, de son côté, tenait à s'assurer que l'Union européenne ne l'obligerait pas à modifier sa législation sur des questions comme l'avortement et le mariage homosexuel. Enfin, l’Irlande, qui avait rejeté une première fois le traité par référendum, avait obtenu des garanties, là encore sur l’avortement, mais aussi sur sa neutralité militaire et son faible taux d’imposition.