TPIY : Mladic refuse de plaider

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TPIY : Mladic refuse de plaider
@ REUTERS
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L’ex-chef des Serbes de Bosnie a protesté tout au long de la deuxième audience à La Haye lundi.

C’est un accusé peu coopératif qui avait pris place lundi dans le box des accusés du Tribunal Pénal international. Tout au long des échanges, très brefs, 45 minutes, Ratko Mladic a protesté, s’est plaint d’être malade, et a surtout refusé de plaider coupable ou non-coupable des chefs d’accusation que la juridiction lui reproche.

"Non, non, je ne vais pas écouter tout ceci…"

L’audience a été brève, mais donc agitée. L’ex-chef des Serbes de Bosnie, arrêté le 26 mai dernier après 16 ans de cavale, était visiblement énervé. Il a commencé par faire des petits signes au public, ce qui est interdit, ensuite il s’est plaint de son état de santé. L’homme, âgé de 69 ans, a affirmé qu’il n’entendait pas bien, qu’il avait un problème d’oreille. Le juge lui a alors rappelé que d’après les médecins, il était assez en forme pour comparaître à son procès.

Ratko Mladic a continué à grogner, et a refusé que la Cour lise les onze chefs d’accusation qui pèsent sur lui, dont génocide et crime contre l’humanité pour le massacre de Srebenica, au cours duquel de 8.000 hommes et garçons musulmans avaient été tués durant l’été 1995, et pour le siège de Sarajevo long de 43 mois entre 1992 et 1995. "Non, non, je ne vais pas écouter tout ceci sans mon avocat", a crié Ratko Mladic en retirant son casque de traduction alors que le juge commençait à lire le premier chef d'inculpation.

La Cour décide à sa place

Enfin, l’accusé a réclamé plus de temps avant de dire s’il plaidait coupable ou non coupable. Du coup, les juges du TPI ont décidé de suspendre la séance. Lorsqu’elle a repris, le banc des accusés était vide. Et c’est donc en l’absence de l’ex-général que la Cour a décidé à sa place qu’il plaiderait non-coupable, comme le prévoit le règlement du tribunal.

Selon le procureur général du TPIY, Serge Brammertz, Ratko Mladic, qui est aujourd'hui âgé de 69 ans, a usé de son pouvoir pour commettre les atrocités qui lui sont reprochées et il devra répondre de ses actes. Les Serbes nationalistes estiment pour leur part que Mladic a défendu leur nation. Ratko Mladic a lui affirmé en juin qu'il n'avait fait que défendre son pays et son peuple.