Torturé pendant 15 ans par ses collègues

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Torturé pendant 15 ans par ses collègues
@ CAPTURE D'ECRAN VIDEO PARIS MATCH
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Vingt-cinq personnes ont été inculpées pour avoir fait de Daniel leur souffre-douleur.

Daniel, ouvrier dans une usine de Soignies, en Belgique, a vécu un véritable calvaire. Pendant quinze ans, ses collègues de la société Mactac Europe lui ont fait subir les pires sévices et humiliations, révèle une enquête publiée dans l’édition belge de Paris Match, jeudi. Vingt-cinq personnes ont été inculpées ainsi que l'entreprise en tant que personne morale.

Ligoté, enfermé dans une cage

Le supplice a commencé en 1996, juste après son embauche comme emballeur. Daniel a d’abord été harcelé par son supérieur avant de devenir le souffre-douleur de l’ensemble de l’équipe au sein de laquelle il travaillait. Ligoté à une palette avec du ruban adhésif, enfermé dans une cage, arrosé d’eau à très haute pression, Daniel a subi les pires tortures.

L’ouvrier avait signalé le comportement de ses collègues au directeur de l’usine en 2002. Puis devant l’absence de réaction de la part de sa hiérarchie, l’homme s’était tourné vers la médecine du travail. En vain. L'instance de conciliation mise en place au sein de l'entreprise n'aurait abouti à rien. Daniel avait fini par tomber malade en 2007 et avait été mis en arrêt maladie.

Un syndrome post-traumatique

La direction de l’entreprise a réagi à l’enquête publiée jeudi. Selon elle, la victime a refusé de montrer la cassette sur laquelle on voit ses collègues le molester jusqu'en janvier 2008. Elle dit "avoir pris immédiatement des mesures fortes, à savoir le licenciement immédiat des personnes concernées" et avoir conseillé à Daniel de porter plainte, ce qu’il a fait.

Aujourd’hui Daniel essaie de retrouver une vie normale. "Un neuropsychiatre lui a diagnostiqué un syndrome post-traumatique. Il ne sort presque plus de chez lui, s’exprime lentement, bégaie, paraît beaucoup plus vieux que son âge", rapporte le site RTLinfo.be. L'affaire doit être examinée par la chambre du conseil du tribunal de Mons le 10 janvier 2011.