Tentative de coup d’état à Madagascar

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Tentative de coup d’état à Madagascar
@ REUTERS
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Alors que les Malgaches sont appelés à voter, des officiers affirment avoir pris le pouvoir.

La situation politique s’est tendue sur l’île de Madagascar mercredi, alors que ses habitants sont appelés à s’exprimer via un referendum sur la nouvelle Constitution.

Une mutinerie d’officiers

Un groupe d'officiers a ainsi affirmé mercredi avoir renversé le régime d'Andry Rajoelina dans l’après-midi. "A partir de maintenant, toutes les institutions existantes sont suspendues, et c'est un comité militaire qui va gérer les affaires du pays", a affirmé le général Noël Rakotonandrasana, ancien ministre des Forces armées limogé le 7 avril dernier, et à la tête de cette mutinerie.

Accompagné d'une vingtaine de soldats, il s'est exprimé depuis un camp militaire proche de l'aéroport d'Antananarivo, à une quinzaine de kilomètres de la capitale Antananarivo.

Le gouvernement veut "apaiser la situation"

Le Premier ministre Camille Vital a tenu pour sa part à minimiser la situation. "Nous sommes en réunion", a-t-il expliqué. "Nous essayons de trouver une solution pour apaiser la situation".

Ces différentes annonces n’ont eu pour l’instant aucun effet visible dans la capitale. Les votes se sont déroulés dans le calme. Aucun déploiement militaire ou incident n'a été constaté. La radio, comme la télévision et autres infrastructures publiques, fonctionnent normalement. En fin d'après-midi, de brèves échauffourées ont néanmoins éclaté près de l'aéroport, entre les forces de l'ordre et quelques centaines de manifestants anti-gouvernementaux.

Une crise commencée en 2008

Madagascar est plongée dans une grave crise politique et économique depuis fin 2008, suite à l'éviction du président Ravalomanana. Après des mois d’instabilité, Andry Rajoelina avait finalement pris le pouvoir en mars 2009, soutenu par la rue et l'essentiel de l'armée.

Ce référendum constitutionnel se veut être la première étape d'un processus de sortie de crise, premier scrutin depuis la prise de pouvoir d’Andry Rajoelina. Des élections législatives sont prévues en mars prochains, avant les présidentielles en mai.