Tension maximum après le nouveau tir de missile de la Corée du Nord

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Pyongyang a répliqué aux dernières sanctions de l'ONU par un nouveau tir de missile au-dessus du Japon. La réponse de Tokyo ne s'est pas fait attendre. 

L'ESSENTIEL

La Corée du Nord est clairement décidée à n'en faire qu'à sa tête. Pyongyang a répliqué vendredi au dernier train de sanctions de l'ONU en tirant un missile balistique au-dessus du Japon sur une distance semble-t-il inédite, aggravant encore un peu plus les tensions. L'Otan a demandé "une réponse mondiale" à un "tir imprudent". Le Japon et les États-Unis ont eux aussi fermement condamné ce nouveau tir.

Les principales infos à retenir :

  • Pyongyang a tiré un nouveau missile au-dessus du Japon

  • L'Otan a demandé "une réponse mondiale" à "un tir imprudent"

  • Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence vendredi soir

Un tir en réponse aux sanctions de l'ONU. Le nouveau missile nord-coréen a été tiré d'un site proche de Pyongyang dans la nuit de jeudi à vendredi en France. Il intervient moins d'une semaine après l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une huitième série de sanctions pour tenter de convaincre le pays reclus de renoncer à ses programmes balistique et nucléaire interdits. Selon Tokyo, le missile a survolé l'île septentrionale japonaise de Hokkaido avant de s'abîmer à environ 2.000 km à l'est. Rien n'indique dans l'immédiat que des débris soient tombés en territoire japonais. Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé de se réunir en urgence vendredi à 21 heures (heure française) suite à ce nouveau tir. Cette réunion se tiendra à huis clos.

Le "plus long vol d'un de leurs missiles balistiques". La distance de ce nouveau missile semble inédite, comme l'a commenté Joseph Dempsey, de l'Institut international des études stratégiques. Ce tir, le "plus long vol d'un de leurs missiles balistiques", "montre clairement que la Corée du Nord dispose de la portée suffisante - mais pas forcément de la précision - pour mettre en application le projet Guam", du nom de cette île affiliée aux États-Unis située dans l'océan Pacifique.

Réveil brutal pour les Japonais. "Lancement de missile ! Lancement de missile ! Un missile semble avoir été tiré depuis la Corée du Nord. Mettez-vous à l'abri dans un bâtiment ou un sous-sol" : le réveil a été brutal vendredi pour les habitants de la partie nord du Japon. Sirènes et alertes téléphoniques d'urgence ont retenti peu après 7 heures locales (minuit en France), pour la deuxième fois en moins d'un mois.

Des "actions scandaleuses" pour le Japon. Quelques heures plus tard, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a effectué une déclaration en forme de mise au point à l'attention de Pyongyang. Le Japon "ne tolérera jamais les dangereux actes provocateurs de la Corée du Nord, qui menacent la paix dans le monde", a-t-il déclaré. "Nous n'admettrons jamais que la Corée du Nord piétine la volonté forte de la communauté internationale envers la paix, volonté que montrent les résolutions de l'ONU, et (que Pyongyang) continue avec des actions scandaleuses", a-t-il insisté. 

Les États-Unis et l'Otan exhortent à agir. Si Donald Trump ne s'est pas encore exprimé en personne sur le sujet, Washington a rapidement réagi, exhortant la Chine et la Russie à agir "de leur propre chef" pour mettre fin à cette escalade. "La Chine fournit la majeure partie du pétrole de la Corée du Nord. La Russie est le premier employeur de travailleurs forcés nord-coréens", a souligné Rex Tillerson, secrétaire d'État américain. "La Chine et la Russie doivent indiquer qu'elles ne tolèrent pas ces tirs de missiles inconscients en agissant directement de leur propre chef", a souligné le chef de la diplomatie américaine.

Paris, elle, s'est exprimée via Florence Parly, ministre des Armées. Invitée sur Europe 1, elle a déploré "une provocation de plus". "Ce qui est en cause, c'est la sécurité non seulement de cette région du monde mais aussi la sécurité internationale et l'Europe est concernée puisque les Nord-Coréens nous ont apporté une forme de démonstration que l'Europe est potentiellement à portée de leurs missiles", a souligné la ministre.

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a réclamé de son côté "une réponse mondiale" après cette nouvelle provocation, qu'il a qualifiée de "violation imprudente des résolutions de l'ONU". "Le tir d'un missile par la Corée du Nord est une nouvelle violation imprudente des résolutions de l'ONU" qui interdisent à Pyongyang tout développement d'armes balistiques et nucléaires, a écrit Jens Stoltenberg sur Twitter. Cette "menace majeure contre la paix et la sécurité internationale demande une réponse mondiale", a-t-il ajouté sur le réseau social.

La Chine appelle à la retenue. Pékin "s'oppose à la violation, par la Corée du Nord, des résolutions du Conseil de sécurité (de l'ONU) et à son recours à la technologie de missiles balistiques pour des tirs", a déclaré devant la presse la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, tout en estimant que "les parties en présence doivent faire preuve de retenue". De son côté, la Russie a condamné "fermement" ce tir.

"Guam à l'esprit" ? Le ministre japonais de la Défense, Itsunori Onodera, a estimé pour sa part qu'avec ce nouveau tir, la Corée du Nord avait "Guam à l'esprit", précisant que la portée de cet engin était suffisante pour atteindre cette île américaine du Pacifique. La portée de 3.700 km du missile "permet de toucher Guam", qui se trouve à 3.400 kilomètres de la Corée du Nord, a précisé le ministre, lors d'une conférence de presse à Tokyo. "Nous ne pouvons pas deviner les intentions de la Corée du Nord, mais compte tenu de ce qu'elle a dit précédemment, je pense que (Pyongyang) a Guam à l'esprit", a estimé le ministre.