Syrie : une "date limite", pas d'ultimatum

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Syrie : une "date limite", pas d'ultimatum
La conférence sur la Syrie n'a pas réussi à faire converger les points de vue : certains souhaitent hausser le ton, d'autres préfèrent temporiser.@ REUTERS
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Le sommet des "Amis du peuple syrien" a invité Bachar el-Assad à stopper les violences.

Les "Amis du peuple syrien" ont appelé dimanche à Istanbul à fixer une "date limite" pour l'application par Damas du plan de paix de Kofi Annan, mais sont restés muets sur l'armement des rebelles, qui ont déploré le temps ainsi donné au régime.

Pendant ce temps, les violences ne montraient aucun signe de répit, faisant au moins 40 morts à travers le Syrie, dont 15 membres des forces gouvernementales, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui estime à près de 10.000 le nombre de tués en un an de révolte.

Le plan de sortie de crise de Kofi Annan soutenu

"Le groupe des Amis a salué les efforts de l'émissaire spécial Kofi Annan et a exprimé son soutien à l'application intégrale de son mandat", ont affirmé les 83 pays réunis à Istanbul dans une déclaration finale conjointe. Le groupe a aussi "appelé l'émissaire spécial à déterminer une date limite pour les prochaines étapes, incluant un retour devant le Conseil de sécurité de l'ONU, si les tueries continuent".

Le régime de Bachar al-Assad s'est engagé mardi à appliquer ce plan, mais la poursuite des violences laissent de nombreuses capitales sceptiques sur ses intentions. "Presque une semaine s'est écoulée et nous devons conclure que le régime allonge sa longue liste des promesses non tenues", a déclaré la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton.

"Il y a un risque bien sûr d'enlisement"

Manifestant la même impatience, le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, a insisté sur la nécessité de "fixer une limite dans le temps" au régime pour mettre en oeuvre le plan Annan, car "il y a un risque bien sûr d'enlisement". 

Le plan de Kofi Annan, absent d'Istanbul, préconise la cessation de la violence par toutes les parties sous supervision de l'ONU, la fourniture d'aide humanitaire aux zones touchées par les combats et la libération des personnes détenues arbitrairement. La conférence va en outre constituer un groupe de travail sur des sanctions à adopter contre le régime syrien, selon sa déclaration finale. Celui-ci se réunira "à Paris sous quinzaine", a précisé Alain Juppé.

Dans quelle mesure soutenir les insurgés ?

Les Amis du peuple syrien ont par ailleurs souligné le droit de la population à l'autodéfense, défendu avec véhémence par la Turquie comme un moyen de pression supplémentaire sur Damas. L'armement des rebelles, et notamment de l'Armée syrienne libre (ASL), réclamé par l'opposition syrienne et des pays arabes, comme l'Arabie saoudite et le Qatar, n'est en revanche pas mentionné. Les Etats-Unis sont opposés à un tel armement.

Burhan Ghalioun, le président du Conseil national syrien (CNS), la principale coalition de l'opposition, a toutefois annoncé que son mouvement allait verser des salaires aux membres de l'ASL en lutte contre Damas. "Le CNS va prendre en charge le paiement des salaires fixes de tous les officiers, soldats et résistants membres de l'ASL", composée en majorité de déserteurs, a-t-il déclaré.

Des diplomates ont précisé que trois ou quatre pays arabes, dont l'Arabie et le Qatar, allaient verser des millions de dollars pour ce programme. Les participants à la conférence - à laquelle étaient absents la Russie, la Chine et l'Iran, alliés de Damas - ont également reconnu le CNS comme "un représentant légitime de tous les Syriens", un geste en deçà des attentes du CNS qui souhaitait être admis comme unique interlocuteur de la communauté internationale. Les "Amis" ont appelé tous les opposants à se réunir sous l'étiquette du CNS.