Syrie : les textos d’un apprenti-djihadiste

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Syrie : les textos d’un apprenti-djihadiste
Mashudur Choudhury a été arrêté en octobre dernier à l'aéroport de Gatwick.@ DR/Thames Valley Police
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PROCÈS - En Grande-Bretagne, un candidat au djihad rentré de Syrie a été reconnu coupable d’avoir "commencé une préparation en vue de commettre des actes terroristes".

Que se passe-t-il dans la tête d’un homme qui décide de se rendre en Syrie pour y mourir en "martyr" ? Le procès qui se tient actuellement à Londres permet d’en savoir un peu plus : Mashudur Choudhury, 31 ans, a été reconnu coupable mardi d’avoir "commencé une préparation en vue de commettre des actes terroristes". En Grande-Bretagne, c’est la première fois qu’un apprenti-djihadiste parti en Syrie est condamné. La première fois aussi que sont rendus publics des documents très personnels, à commencer par des textos échangés avec sa femme.

La "brigade britannique des mauvais garçons bangladais". Pour Mashudur Choudhury, habitant de Portsmouth, dans le sud du pays, tout commence à l’été 2013, quand il contacte son ami Ifthekar Jaman, un autre résident britannique déjà sur place, en Syrie. Via Skype, les deux hommes conversent, notamment sur l’entraînement qui attend Mashudur Choudhury. "J’ai lu quelque part sur un site que ça dure en moyenne quatre mois. Ca a l’air vraiment dur, avec des courses de 10 km sans s’arrêter", confie le Britannique à son ami, rapporte The Guardian

En juillet 2013, Choudhury commence à préparer son voyage, avec quatre autres habitants de Portsmouth. Il suggère à son ami Jaman un nom pour le petit groupe qu’ils entendent former : la "brigade britannique des mauvais garçons bangladais". "Mort de rire, un peu long", lui répond son interlocuteur, qui serait depuis... mort au combat, selon la BBC.

"Va mourir sur le champ de bataille". A la même époque, Choudhury, père de deux enfants, échange aussi des textos avec sa femme. "A quoi sert un mari, un père, un frère qui vit dans le confort, dort dans le confort, mange dans le confort, mais oublie la cause des femmes qui se font violer, des enfants qui sont attaqués, des mères décapitées et des filles assassinées ?", lui écrit-il. Son épouse, excédée, lui lance : "va mourir sur le champ de bataille. Va mourir, je le pense vraiment, vas-y. Je serai soulagée. Enfin. Enfin".

Le 8 octobre 2013, Mashudur Choudhury et ses camarades s’envolent pour la Turquie, puis rejoignent la frontière avec la Syrie en bus. Son parcours devient ensuite flou : lui assure que, contrairement à ses compagnons de voyage, il n’a pas rejoint un camp d’entraînement et a demandé aux Syriens de le faire sortir du pays. La justice britannique pense au contraire qu’il a suivi un entraînement, avant de rentrer en Grande-Bretagne, seul. "L’entraînement devait inclure l’usage d’armes à feu", a souligné la procureur à l’audience. 

La trajectoire de Mashudur Choudhury a pris fin le 26 octobre dernier, quand il a été arrêté à l’aéroport de Gatwick alors qu’il revenait du Moyen-Orient. Au moment où le jury a annoncé l’avoir reconnu coupable à l’unanimité, Mashudur Choudhury n’a eu aucune réaction. Il connaîtra sa peine le 13 juin prochain. 

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