Syrie : les rebelles perdent du terrain

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Syrie : les rebelles perdent du terrain
Les insurgés syriens ont reconnu s'être retirés du quartier stratégique de Salaheddine, à Alep.@ REUTERS
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Les insurgés ont reconnu s'être retirés du quartier stratégique de Salaheddine, à Alep.

L'enjeu est crucial dans le conflit entre la rébellion syrienne et le régime de Bachar al-Assad. 20.000 militaires ont été déployés dans la région d'Alep, capitale économique de la Syrie, pour mener la bataille. Résultat, les insurgés syriens ont annoncé jeudi s'être totalement retirés jeudi de Salaheddine, le principal quartier de la ville qu'ils contrôlaient. Dans le même temps, l'Iran, fidèle allié du président syrien, a organisé une "rencontre consultative" sur la crise en Syrie.

Salaheddine, porte d'entrée pour prendre Alep

A Alep, poumon économique du pays, les combats font rage depuis le 20 juillet. Les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) ont fait face jeudi à un bombardement particulièrement violent des forces du régime. Ils ont indiqué s'être retirés du quartier emblématique de Salaheddine, porte d'entrée incontournable pour prendre Alep.

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Dès mercredi, les médias de Damas avaient assuré que le quartier de Salaheddine avait été "nettoyé de ses terroristes". "Si les chars de Bachar al-Assad progressent, ils pourront marquer des points décisifs", a analysé François Clauss, grand reporter d'Europe 1 qui a passé plusieurs jours à Alep.

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Pas question de rendre les armes

Les insurgés ne rangent néanmoins pas leur armes. Les brigades de l'ASL vont "constituer un nouveau front vers Seif al-Dawla et Machhad", deux quartiers plus à l'est, a indiqué Wassel Ayoub, commandant de la brigade Nour al-Haq de l'ASL. Une source de sécurité à Damas a affirmé que "l'armée avançait rapidement en direction de Seif al-Dawla mais la prochaine bataille devrait avoir lieu à Soukkari", un fief des rebelles plus au sud.

"Le dialogue entre Syriens est le seul moyen de résoudre la crise"

A l'étranger, l'Iran a organisé jeudi à Téhéran une "rencontre consultative" sur la Syrie. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a indiqué que douze à treize pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine devaient y participer. A l'ouverture de la réunion, le ministre iranien a rejeté toute intervention militaire étrangère en Syrie et a réclamé des discussions "sérieuses et approfondies" entre le gouvernement de Damas et l'opposition. "Le dialogue entre Syriens est le seul moyen de résoudre la crise", a-t-il souligné.

La télévision iranienne a montré des images d'une trentaine de représentants d'Etats à cette conférence, dont des diplomates de Russie, d'Irak, d'Afghanistan et du Pakistan. La Syrie n'y est pas représentée et le Liban voisin a fait savoir qu'il n'y participerait pas en respect de sa "neutralité" dans le conflit. Kofi Annan, le médiateur démissionnaire de l'ONU et la Ligue arabe, ainsi que le Koweït ont également décliné l'invitation.