Syrie : "les pharmacies sont détruites"

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Syrie : "les pharmacies sont détruites"
@ REUTERS
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 TÉMOIGNAGE E1 - Un anesthésiste raconte comment le régime s'en prend aux soignants.

Le G8 va se pencher sur le cas de la Syrie. Alors que les massacres se poursuivent dans le pays, le G8 va tenter de trouver une sortie de crise. Depuis le début du mouvement contre le régime syrien en mars 2011, près de 10.000 personnes ont été tuées dans la répression syrienne, selon les chiffres de l'ONU.

"Des gens avec des blessures surinfectées"

En dépit du cessez-le-feu, les massacres continuent et les hôpitaux sont toujours pris pour cible. Didier, médecin anesthésiste à Lyon, s'est rendu récemment en Syrie dans la province d'Idlib. Il raconte comment le régime de Bachar al-Assad s'attaque directement aux lieux de soin et délaisse les malades.

Les pharmacies sont détruites :

 

"Les structures de soin sont détruites, y compris les pharmacies, qui sont pillées. Dès que l'on arrivait dans un village, au bout d'un quart d'heure, d'une demi heure, des gens venaient avec des blessures qui étaient surinfectées, qui dataient de 10 jours", raconte-t-il au micro d'Europe 1.

Empêché de venir en aide aux mourants

Si le convoi de Médecins Sans Frontière dont faisait partie Didier arrivait à soigner quelques personnes, bien souvent il se voyait empêché de venir en aide aux mourants. "Nous avons pu travailler dans une petite ville syrienne qui n'avait jamais été inquiétée par les forces syriennes. Donc on a pu s'installer et travailler pendant trois jours et au bout du troisième jour, des gens qui nous accompagnaient nous ont dit : 'le village est encerclé il faut partir, nous avons trois minutes pour partir'. Nous sommes partis et nous avons appris que cet hôpital avait été détruit", se souvient le médecin.

Le régime de Bachar al-Assad punit en effet toute personne souhaitant venir en aide aux opposants au régime blessés lors des affrontements. "Mais ce qui est vraiment surprenant, c'est la terreur des soignants et des victimes elles-mêmes. Combien de fois ils nous ont dit : 'se faire prendre avec une arme ou se faire prendre avec une arme ou se faire prendre avec du matériel chirurgical, c'est pareil'. Quand l'armée arrive, l'objectif c'est les combattants, mais aussi les lieux de soins", déplore-t-il.