Syrie : les cinq propositions de Hollande

  • A
  • A
Syrie : les cinq propositions de Hollande
@ REUTERS
Partagez sur :

Le président français a ouvert la réunion des Amis du peuple syrien qui se tient à Paris.

La réunion organisée vendredi à Paris est plus de l’ordre du symbole. Ce qui n’a pas empêché François Hollande, à l’ouverture de la conférence des Amis du peuple syrien, d’enjoindre l’Onu à agir "le plus vite possible" afin de soutenir le plan de Kofi Annan.

Hollande propose cinq engagements. Devant les représentants de l’opposition syrienne, d’une centaine de pays arabes et occidentaux, le président français a rappelé le bilan "terrible et insupportable pour la conscience humaine et la sécurité" internationale de la répression menée par Bachar al-Assad depuis plus d'un an.

Il a enjoint les participants à prendre "cinq engagements", dont "le refus de toute impunité pour les crimes", "l'application réelle et effective" de sanctions économiques et financières, "le renforcement" du soutien à l'opposition "en lui fournissant des moyens de communication".

Plaidoyer pour le plan Annan

Soutien apporté à l'Onu. Faisant valoir que "la situation était d'autant plus dangereuse que le régime n'a d'autre stratégie que l'escalade", François Hollande a demandé aux participants "d'encourager le Conseil de sécurité" de l'Onu "à prendre le plus vite possible des dispositions pour mieux soutenir le plan de sortie de crise" de Kofi Annan.

"Le plan Annan, a-t-il plaidé, reste le moyen le plus sûr de faire cesser les violences et de mettre en oeuvre une transition politique maîtrisée".

"Bachar al-Assad doit partir". Il s’est adressé directement à la Russie, qui ne participait pas à cette réunion, et qui s'oppose, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l'Onu, à toute intervention internationale contre le régime de Bachar al-Assad. Pour le chef de l’Etat français, il n’est "plus contestable que cette crise-là (est) devenue une menace pour la paix et la sécurité internationale".

"Il faut donc en tirer les conséquences. Bachar al-Assad doit partir. Un gouvernement de transition doit être constitué. C'est l'intérêt de tous", a-t-il lancé en rappelant que la réunion qui s’est tenue à Genève la semaine précédente "constitue un pas dans la bonne direction".

Soutien à l’opposition. "A ceux qui soutiennent aussi que le régime de Bachar al-Assad, aussi détestable soit-il, peut permettre d'éviter le chaos, je veux leur dire qu'ils auront et le régime le plus détestable et le chaos. Et ce chaos menacera leurs intérêts", a affirmé le président français.

Il a enfin assuré de son soutien les militants de l’opposition syrienne, "courageux, déterminés et fiers qui ont pris leur destin en main".

L'opposition syrienne souhaite des corridors humanitaires. Au cours de la réunion, les membres de l’opposition ont demandé l'établissement d'une zone d'exclusion aérienne et de corridors humanitaires.

Ces mesures doivent découler d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies "sous chapitre VII", a précisé le dissident syrien Abdel Basset Sayda, c'est à dire incluant la possibilité de sanctions internationales et d'un recours à la force.

Les Etats-Unis veulent de nouvelles sanctions.La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a renouvelé pour sa part l'appel des Etats-Unis en faveur d'une résolution au Conseil de sécurité de l'Onu qui imposerait de nouvelles sanctions à la Syrie.

Quel avenir pour Assad ?

La question de l'exil posée. La pression s'accentue depuis quelques jours sur Bachar al-Assad, dont le départ est clairement réclamé par de nombreux dirigeants comme préalable à une transition dans le pays.

Interviewé vendredi matin sur Europe 1, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a, lui, directement soulevé la question de l'exil du président syrien. 



Fabius : "Bachar el-Assad doit partir"par Europe1fr

"La question est posée: est-ce que tel ou tel Etat souhaitera l'accueillir ? Evidemment, il ne s'agit pas ni de la Russie, ni de la France, ni des Etats-Unis, et probablement (pas) de la Chine. C'est une affaire à traiter", a affirmé le ministre, en considérant que la réunion de vendredi à Paris signifiait que "la pression internationale est de plus en plus forte" avec "plus de 100 pays au soutien de la résistance" syrienne.